Jour 1 : Florence, de la Galerie des Offices à l’Oltrarno

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Vendredi 3 avril

L’Italie était un peu une anomalie, quand je parlais de mes voyages : « comment ?! Tu n’y es jamais allé ? Mais c’est juste à côté ! » Eh oui, cela fait plusieurs années que j’envisageais de venir, mais à chaque fois une autre destination repoussait ce projet…

Je suis finalement arrivé hier soir à Florence pour un court séjour à l’occasion du weekend de Pâques. J’ai entendu tellement de bien de cette ville qu’elle m’est apparue comme une introduction parfaite à ce pays.

Je ne suis d’ailleurs pas le seul, puisqu’il s’agit d’une des villes les plus visitées du pays. En descendant du bus qui m’a emmené de l’aéroport au centre ville, hier soir, j’ai eu l’impression de voir plus de touristes que d’Italiens. Et en voulant réserver des musées, avant de partir, j’ai réalisé qu’ils étaient tous complets…

[NB : D’ailleurs, j’ai eu la surprise d’entendre mon nom en descendant de l’avion. Il s’agissait de Romain, un ancien camarade d’université, il y a quelques années (ça ne nous rajeunit pas). Lui et sa compagne sont de grands voyageurs, et si je les mentionne ici, c’est qu’ils viennent de partir pour un tour du monde, les veinards. Vous pouvez suivre leur projet sur leur site : Playing The World. Et aussi lire leur article sur Florence]

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Tout cela m’a incité à me lever particulièrement tôt, ce matin, pour me rendre à la Galerie des Offices. Je me suis fait violence pour ne pas m’arrêter partout entre mon hôtel et le musée pour prendre des photos, mais ça a payé : à 8h40, la file était encore courte et j’ai pu entrer dans le musée à 9h15 (plus tard dans la journée, je rencontrerai une femme qui me dira avoir attendu une heure en étant arrivée à 9h).

Le Ponte Vecchio vu depuis la Galerie des Offices.

Le Ponte Vecchio vu depuis la Galerie des Offices.

La bâtiment a été conçu à partir de 1560 pour abriter les bureaux de l’administration de l’Etat toscan (les Uffizi) mais a rapidement été récupéré par les Médicis pour y exposer leurs collections d’art. C’est en effet cette famille – disons plutôt dynastie – qui a façonné Florence du XVe au XVIIIe siècle.

On peut aujourd’hui y admirer une remarquable collection de peintures européennes allant du XIIe au XVIIIe siècle. La renaissance italienne y est bien sûr représentée avec les maîtres que sont Botticelli, Raphaël, Michel-Ange ou Titien.

Peut être parce qu’il est encore assez tôt, la visite est aisée : même devant la Naissance de Venus, il n’y a pas une horde trop imposante.

En sortant, je traverse l’Arno, le fleuve qui traverse Florence, en empruntant le fameux Ponte Vecchio, dont la version actuelle date de 1345. Ses boutiques étaient initialement occupées par des bouchers, des tripiers et des tanneurs. Elles ont été remplacées, en 1593, par la volonté de Ferdinand Ier de Médicis qui n’en supportait pas les odeurs fétides, par des joailliers et bijoutiers toujours présents aujourd’hui. Pour info, c’est le seul pont de Florence qui n’a pas été dynamité par les Allemands en 1944, puisqu’il était de toute façon trop étroit pour laisser passer les chars des Alliés…

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Retour sur la Piazza della Signoria, la place de la Seigneurie, qui fut le centre politique de la ville et en est aujourd’hui le centre touristique. De style Renaissance, elle date des XIIe et XIVe siècles dans sa forme actuelle en « L ». On peut y voir la belle fontaine de Neptune (1575), la Loggia dei Lanzi, un musée ouvert, et surtout le Palazzo Vecchio. Ce palais-forteresse est l’hôtel de ville de Florence et l’un des plus beaux bâtiments de la ville.

La queue pour entrer au Palazzo Vecchio est particulièrement longue ; j’y reviendrai donc plus tard. En attendant, je poursuis ma route vers le musée de Bargello, où – étonnement – il n’y a quasiment personne.

Ce musée national de la sculpture est situé dans une bâtisse du XIIIe siècle aux allures de forteresse. Elle fut au Moyen Âge et à la Renaissance le siège de la police de la ville et de son capitaine du peuple.

On peut notamment y voir des sculptures du XVIe siècle, dont plusieurs de Michel-Ange, et quelques œuvres plus anciennes de Donatello.

Je me rends ensuite à l’église Santa Croce, la plus grande église franciscaine du monde. C’est ici que Stendhal, en 1817, a été pris de vertiges :

« absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les beaux-arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, ce qu’on appelle les nerfs à Berlin ; la vie était épuisée chez moi, et je marchais avec la crainte de tomber. »

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Stendhal (qui écrivait mieux que moi, vous l’avez remarqué) a eu la chance de visiter la ville et l’église avant l’ère du tourisme de masse. J’ai de mon côté la chance d’être là à l’heure du déjeuner, ce qui me permet d’entrer dans Santa Croce sans faire la queue (mais après avoir payé 6€ d’entrée).

Au-delà des dimensions impressionnantes de l’édifice (140×40 mètres), le plus marquant est sans doute la présence des tombeaux d’illustres hommes comme Michel-Ange, Machiavel ou Galilée. Il y a aussi un cénotaphe (un tombeau vide) pour Dante, inhumé à Ravenne.

La salle Donatello présente notamment son David en marbre (1409) et son Marzocco (1420), le lion de Florence.

C’était une matinée assez chargée, n’est-ce pas ? J’ai bien mérité une pause déjeuner ; mon premier repas en Italie. Des pâtes, bien sûr.

De retour devant le Palazzo Vecchio, je remarque que la file d’attente pour les billets est maintenant trois fois plus courte que ce matin. J’en prends donc un et vais me placer dans la file pour monter au sommet de la tour (30 minutes d’attente).

À 94 mètres de hauteur, la vue est superbe et embrasse toute la ville.

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Le reste du palais, construit au tournant du XIVe siècle, vaut aussi le coup d’œil. D’abord siège du gouvernement de la ville, il est devenu au XVIe la résidence des Médicis, qui l’ont fortement remodelé et embelli.

On visite plusieurs espaces, comme des salles d’audiences, un ancien appartement des Médicis, ou une salle de réception pouvant accueillir 3000 personnes.

Mention spéciale à la salle des Cartes géographiques, dont les boiseries sont recouvertes de cartes du XVIe siècle… Très approximatives !

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Je franchis à nouveau le Ponte Vecchio pour aller découvrir l’Oltrarno, la rive gauche du fleuve.

Sous un temps très clément mais heureusement pas trop chaud, je grimpe sur la colline San Miniato, passant successivement devant la maison de Galilée et le Forti di Belvedere (exceptionnellement ouvert ce weekend, mais y’a pas grand chose à voir).

Je continue mon chemin et arrive à un chemin de croix qui mène à l’esplanade Piazzale Michelangelo, construite au XIXe siècle, avec une chouette vue sur la ville, une reproduction en bronze du David de Michel-Ange et des centaines de touristes.

Ma balade se conclu un peu plus haut, à la Basilica San Miniato al Monte. Construite entre le XIe et le XIIIe siècle, l’édifice présente une belle façade de serpentine et de marbre et un parvis propice au repos.

À vrai dire, je manque de m’y assoupir, après cette journée éreintante.

Il est donc temps de redescendre, alors que le Soleil se couche. J’en profite pour emprunter des rues différentes de l’aller, jusqu’à mon hôtel. Il est 21h, et j’ai déjà envie de me coucher. Ce n’est pas ce soir que je ferai la fête jusqu’au bout de la nuit…

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