Jour 2 : Pise et la Galleria dell’Academia, à Florence

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Samedi 4 avril

J’arrive à Pise à 7h50, après avoir quitté Florence à 7h en train. En sortant de la gare, je me rends en trente minutes de marche au Campo dei Miracoli, la place des miracles.

À cette heure, Pise est encore endormie. La ville, mais aussi la fameuse place. Seuls quelques touristes sont présents. L’occasion de prendre des photos tranquillement.

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Cela peut sembler évident, mais ce qui impressionne, c’est la fameuse tour penchée. Elle est archi-connue, on l’a tous vue en photo, en film, dans les livres d’histoire, mais malgré ça, je n’ai pas pu m’empêcher de laisser échapper un « wow ! » en la voyant.

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La place des miracles a été construite après la victoire de la flotte de Pise sur les Sarrasins, en 1063. Elle compte, outre la tour (qui est en fait le campanile de la cathédrale), la cathédrale elle-même et le baptistère.

Après avoir acheté un billet, je suis le premier à pénétrer dans la tour, dès son ouverture à 9h.

Sa construction a débuté en 1173 et s’est arrêté cinq ans plus tard, lorsque les architectes (qui venaient de finir le troisième étage) se sont rendu compte que la tour penchait. La faute au terrain sur lequel elle est construite. Un siècle plus tard, le chantier a repris – on remarque d’ailleurs leur tentative de « redresser » la tour à partir du troisième étage.

Soyons honnête : je ne conseille pas la montée, à cause de son prix exorbitant (18€ sans réservation). On monte les 294 marches de l’escalier en colimaçon en se rendant à peine compte de l’inclinaison, et au sommet, elle n’est pas si évidente non plus. Certes, il y a 70cm de différence entre le côté nord (à 55,2 mètres de hauteur) et le côté sud (54,52 mètres), mais on n’a aucunement l’impression d’être au-dessus du vide.

En plus, la vue n’est pas exceptionnelle.

Je vais ensuite visiter le Camposanto, derrière la cathédrale. Ce cimetière en forme de cloître gothique a été construit en 1278. Sa terre viendrait du mont Golgotha, rapportée pour l’occasion par les croisés.

Là encore, je suis le premier visiteur et fait donc le tour des différents sarcophage dans le silence le plus total.

Le Camposanto a été recouvert de fresques au XIVe siècle, mais un obus américain est tombé ici en 1944, entraînant leur disparition. Mais, chance inouïe dans ce malheur, les dessins préparatoires des fresques ont été découverts lors de la restauration des murs. Ce sont eux que l’on voit aujourd’hui.

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Parmi les plus célèbres, le Triomphe de la Mort est exposé dans une salle à part, où sont aussi affichées des photos du site après le bombardement.

Je vais ensuite en face, visiter le baptistère, dont la construction s’est étalée du XIe au XIVe siècle. D’où le cohabitation d’un style gothique et romano-pisan.

Enfin, je termine par la visite de la cathédrale, dont la construction en 1064 a été entreprise grâce au butin rapporté après la conquête de la Sicile.

Derrière son harmonieuse façade de marbre polychrome, on trouve une forêt de colonnes aboutissant à une abside décorée d’une mosaïque de tradition byzantine.

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Parmi ses éléments intéressants : une superbe chaire du XIVe siècle et le tombeau de l’empereur germanique Henri VII, qui serait mort en mangeant une hostie empoisonnée.

En dehors de cet ensemble architectural, Pise est souvent boudée par les touristes… Je ne vais pas faire exception.

Je fais toutefois un détour par la Piazza dei Cavalieri (XVIe et XVIIe siècle). À l’origine centre du pouvoir politique de la ville, elle a été profondément transformée à la Renaissance, avec la construction du siège de l’ordre des chevaliers de Saint-Étienne. Son bâtiment principal est le Palazzo della Carovana, construit par Vasari au XVIe siècle.

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La promenade dans Pise est agréable, mais des premières gouttes de pluie me conduisent dans un café pour un rapide déjeuner. À 12h32, je reprends le train pour Florence.

Il pleut toujours dans la cité des Lys, je me rends donc sans attendre à la Galleria dell’Academia. Malgré ma réservation, il y a un peu d’attente… Heureusement, un couple d’ Allemands l’héberge sous leur parapluie. J’ai beau être Breton, je n’aurais sans doute pas eu le courage de rester vingt minutes sous de véritables trombes d’eau.

Ce musée dispose de sa Joconde, c’est à dire de son chef d’œuvre qui attirera tous les touristes, peu importe le coût du billet d’entrée. Il s’agit du David de Michel-Ange, colosse de 4 mètres de haut (5 mètres avec le socle) si harmonieux que Vasari estimait qu’après l’avoir vu, il est inutile de regarder toute autre statue.

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D’autres œuvres de Michel-Ange sont aussi exposées : la passion de Saint-Mathieu et quatre des six esclaves qui devaient rejoindre le tombeau du pape Jules II (les deux autres sont au Louvre). Est aussi présentée la Pietà de Palestrina, dont la paternité n’est pas établie avec certitude : elle n’apparaît dans les textes qu’à la fin du XVIIe siècle, ce qui laisse penser qu’elle n’est pas de Michel-Ange. Peut-être d’un élève ?

Autre chef d’oeuvre : L’Enlèvement des Sabines de Giambologna, sculpté de telle sorte qu’elle est splendide, peu importe le côté depuis lequel on la voit.

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La galerie présente aussi des peintures de l’école florentine, mais je vous avoue que je commence à me lasser des Annonciations et des Christ en Croix… Quelques grands formats d’Alessandro Allori valent tout de même le coup d’œil, ainsi que l’Immaculée conception de Portelli.

En sortant, je cours jusqu’à la Basilica della Santissima Annunziata, qui a le bon goût de rester ouverte jusqu’à 19h. Beaucoup de gens s’abritent sous son porche, mais peu passent le portail : et pourtant, il s’agit d’un vrai joyau du XVe siècle, particulièrement vénéré des Florentins.

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L’intérieur est un peu sombre, mais dégage une forte impression, en particulier l’incroyable abside dont la taille donne l’impression qu’elle s’ouvre directement sur l’Univers.

Cette visite est ma dernière de cette longue journée : face à la pluie, j’abandonne (de toute façon, vu l’heure, tout est en train de fermer) et vais m’installer dans un café pour profiter d’un verre de vin. Puis de deux. Puis d’une assiette de fromage. C’est cela, la dolce vita?

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