Berchtesgaden : Visite du « nid d’aigle » et des bunkers d’Hitler

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Perché au dessus de Berchtesgaden, le village d’adoption d’Adolf Hitler, le Nid d’aigle est l’une des plus emblématiques constructions nazies. Contrairement au Berghof, la résidence du Führer située non loin, le Nid d’aigle a terminé la guerre intact et est devenu une attraction touristique importante.

█ S’y rendre depuis Salzbourg

Le plus rapide est de prendre le bus 840 depuis le centre. Les horaires sont ici : http://www.albus.at/linienverkehr/linien-ubersicht/linie-840/ Le trajet prend environ 45 minutes jusqu’à Berchtesgaden. De la gare, prendre ensuite le bus 838 jusqu’au centre de documentation du Nid d’Aigle. Le ticket de bus journalier coûte 10€ et couvre à la fois les bus 840 et 838. Du centre de documentation, il faut prendre le bus 849 jusqu’au Nid d’aigle.

█ Un peu d’histoire

Situé à 1834 mètres d’altitude, le Kehlsteinhaus fut construit afin servir de centre de conférence pour le Parti national-socialiste des travailleurs allemands. Il fut offert à Adolf Hitler de la part du parti nazi pour ses 50 ans, en 1938 (un célèbre publicitaire aurait déclaré à cette occasion : « si à 50 ans, on n’a pas de Nid d’aigle, on a raté sa vie »). C’est une véritable prouesse technique : plusieurs milliers de travailleurs ont, pendant 13 mois seulement, œuvré pour construire une route longue de 6,5 km, comprenant 5 tunnels, qui permet d’accéder à une plate forme d’où part un long tunnel de 124 mètres creusé dans la roche granitique. Il mène à un ascenseur qui conduit au sommet, 120 mètres plus haut, en 40 secondes.

Hitler ne vint qu’une vingtaine de fois au Kehlsteinhaus. Il préférait rester au Berghof, sa résidence privée, qui était située à 3 kilomètres. Cette dernière a été détruite par le feu par les SS après le suicide d’Hitler et n’existe donc plus, ce qui explique que le Berghof et la Kehlsteinhaus sont souvent confondus.

Le surnom de « Nid d’aigle » vient des premiers soldats français d’une unité de la 2e division blindée, qui partirent le 4 mai 1945 à l’assaut de la montagne, la 3e division d’infanterie américaine ayant seulement investi le bourg de Berchtesgaden.

█ La visite

Sans vouloir faire de mauvais jeu de mot, accepter au Nid d’aigle est un véritable parcours du combattant. L’endroit est, par définition, difficilement accessible et attire un très grand nombre de touristes. Conséquence logique : ça bouchonne.

Devant le Centre de documentation, le visiteur a le choix entre visiter ce dernier ou continuer sa route vers le Nid d’aigle. Étant donné la foule et les horaires contraints des bus, je choisis la seconde option. À la caisse, j’obtiens un aller-retour en bus vers la plateforme d’où monte l’ascenseur (16,10 euros tout de même… reversés en grande partie à des associations). Je suis dans le bus numéro 5 (le dernier, soit 250 personnes par trajet). Ils se mettent en branle et grimpent les 7 km de route en lacet qui nous séparent de la plateforme. La vue est splendide !

Là-haut, il faut à nouveau faire la queue, cette fois pour se faire tamponner son billet de bus avec l’horaire de retour que l’on souhaite (pourquoi ne pas le demander au moment de l’achat ? Mystère).

Nous voilà devant l’entrée du tunnel, bâti en 1938 – comme l’indique une plaque. Le travail accompli est absolument remarquable. Ça tombe bien, on a le temps d’en profiter : l’ascenseur ayant été prévu pour transporter un petit moustachu une fois de temps en temps, et non cinq cars de touristes toutes les 20 minutes, ça bouchonne encore (imaginez le bordel si Gustave Eiffel avait prévu que seul lui monterait au sommet de la Tour Eiffel).

NB : le complexe est ouvert seulement de mai à octobre, à cause de la neige en hiver. Impossible donc de jouer la carte « visite en janvier quand il y a moins de touristes ».

Le Nid d’aigle est maintenant un restaurant ; c’est la seule activité au sommet du plateau rocheux. Plutôt que de payer une bière hors de prix, je me contente donc de profiter de la vue. Plusieurs sentiers de randonnée partent (ou arrivent) d’ici, pour les plus motivés.

La bâtisse en elle-même ne paye pas de mine, mais son emplacement fait tout. De chaque pièce, la vue est splendide.

La salle de réception – le mariage de la sœur d’Eva Braun s’est tenu ici – dispose d’une superbe cheminée de marbre rouge, offerte par Benito Mussolini.

La descente se fait par le même chemin (avec un peu moins d’attente). Direction le centre de documentation.

█ Visite du centre de documentation et des bunkers

Celui-ci est très bien fait et raconte, avec moult documents et panneaux explicatifs (la traduction française faite probablement sur Google est incompréhensible) l’arrivée au pouvoir des Nazis et leurs méfaits en Europe, mais aussi l’impact de tout ça sur Berchtesgaden, passé de petit village inconnu à « Terre du Führer ».

Dès 1923, Hitler y a en effet séjourné. Il y a même écrit le second tome de Mein Kampf. Il passait le plus clair de son temps dans le Berghof, sa résidence dont il avait lui-même dessiné les plans.

Au-delà du bourg de Berchtesgaden, la zone où se situaient le Berghof et le Nid d’aigle était interdite au public. A leur arrivée en 1945, les soldats alliés y ont découvert des kilomètres de tunnels et de bunkers, remplis d’œuvres d’art, d’argent, de provisions et de vin. Ce complexe souterrain devait servir à continuer la guerre au cas où les bâtiments en surface seraient détruits ou tomberaient aux mains des alliés. Reste que l’idée de « Forteresse alpine » diffusée à la fin de la guerre par la propagande nazie est loin de la réalité : en fait de forteresse, ces bunkers auraient surtout été un piège mortel pour leurs occupants.

Il est possible, sous le centre de documentation, de visiter une partie du complexe, qui en comptait six : le bunker du Berghof, le centre de commandement, les bunkers de Göring, Bormann et des SS, et le bunker des invités. C’est ce dernier qui est visitable.

À la base, tout cela devait être construit une fois la guerre gagnée, pour protéger le Reich millénaire. Les travaux ont finalement été lancés en 1943, à cause de la détérioration de la situation militaire sur les fronts de l’Est et d’Afrique du nord. Les tunnels ne sont donc pas terminés, même si le travail accompli en deux ans est absolument colossal.

Notez sur l’une des photos le graffiti laissé par un membre de la 2e division blindée du général Leclerc.

Après cette visite, il est temps de rentrer vers Salzbourg. Berchtesgaden a encore bien d’autres points d’intérêt, comme le lac Königsee, mais je suis tributaire du bus. Une journée de plus ici aurait été parfaite.

Mes articles concernant d’autres lieux intéressants en Bavière :

Commentaires 17

  1. ce site devrait etre interdit a tous publique les evenements sont trop recent le génocide perpétué c etait hier il devrait etre un lieux de souvenir et non un endroit pour boire une biere en pensant au terrible decision qui on ete prix a cet endroit ce lieux n a rien a voir avec un nid aigle mais les portes de l enfer ou le repaire du diable
    il faudrait envisagè un lieux du souvenir avec un non d enfant juif disparu avec uen croix juive en bronze en hauteur une fois la dernière victime des camps des camps de la mort disparus les larmes de sang ne sont pas encore sechè de tous ces gens exterminè je ne suis pas juif mais je pleure quand je vois cette terrible tragedie

    1. il ne sert a rien d’essayer de retirer le passé, au contraire il faut en parlé, l expliqué afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs, a force de vouloir tout effacer nous perdons conscience de la réalité et c est la ou nous referons les mêmes erreurs sans le savoir…qui plus est les juifs ont été 6millions à malheuresment perrir atrocement mais n oublions pas les 20millions de soldat et les 50millions de civils morts aussi…merck

    2. Bonjour Tiber,
      L’histoire reste l’histoire et permet aussi aux nouvelles générations de pas oublié le génocide, mais aussi l’architecture de cette époque ou des ouvriers (forcé) de construire ce nid avec un ascenseur, une prouesse pour ses années là.
      Un lieu de souvenir avec un nom Juif ? désolé, mais il n’y a rien avoir non plus, il ne faut pas tous mélanger Monsieur.
      Je vous rappelle aussi qu’aucune décision de guerre n’a été prise au nid d’aigle et que Hitler na été rarement au nid (il avait le vertige) Le Nid d’aigle n’est même pas de son idée, mais un cadeau pour ses 50 ans !
      Interdire ses lieux ? pourquoi ? On peut visiter pour « essayé de comprendre » ses idées folles sans être non plus un fan non ?
      Salutation
      Herbert

    3. Oublier l’histoire c’est se condamner à la revivre. Bien sûr que cela a été une période horrible (j’y ai laissé un grand-père) mais cela fait 77 ans que c’est terminé. Il serait temps de tourner la page, non ?
      Il faut au contraire expliquer cette période de notre histoire afin que nos jeunes comprennent les tenants et les aboutissants de ce qui se passe actuellement.

    4. Je viens juste de découvrir que l’ont peut visité le nid d’Aigle ce qui me ferait très plaisir en hommage à mon père de la 2ème DB premier char à entrer à Berchtesgaden et allez sur ses traces dedans, voir ce qu’il a vu et ressenti en pleine guerre.
      Si je ne peux y allez j’ai dit à ma fille de la faire sur les traces de son grand père qui a participé à libéré la France et vécu des moments d’enfer dans la neige a côté des morts. C’était en Avril l’arrivée de l’armée du Général Leclerc 2ème DB. Pas pour boire une bière pour comprendre les moments qu’il a vécu au nid d’aigle à fouler ce sol historique aujourd’hui.
      Il en avait parlé mais pas beaucoup avec moi trop jeune pour être intéressé et comprendre

    5. Ce site fait parti de notre histoire, il n’enlève rien aux atrocités commises et permet en ce qui me concerne de me recueillir en pensant à toutes ces victimes.
      Doit on occulter notre histoire? Je ne pense pas.
      Si l’on raisonne comme cela , il faut boycotter Istanbul et son génocide Arménien, et j’en passe. Assumons notre histoire et essayons de ne pas reproduire se mauvais côtés

  2. Pingback: Les 14 nid d aigle hitler berghof – dieuthuy.com

  3. Oui c’est un formidable détail de l’histoire, mais, bien que nous réprouvions tous cet épisode hitlérien, il aurait peut être conduit à faire moins de fautes, non pas d’allemand mais de français.
    Salut à tous ceux qui se sont exprimés ci dessus

  4. vous pensez que cela a ete compris ! des genocides n’ont pas encore été perpetres ces dernieres decennies ? ..l’homme n’est malheureusement qu’une bete de plus dans la chaine animale…

  5. Pingback: Colonie d’artistes dans l’Illinois -Eagle’s Nest- Billet n°158 – Masmoulin, artiste passionné et sa bible de l'aquarelle explore aussi l'art moderne et l'art contemporain

  6. Bonjour, l’idée même de « penser » un génocide est une horreur sans « MOTS » que des « MAUX ».

    Faisons ATTENTION il n’y a pas eu QUE LES JUIFS comme il n’y a pas eu QUE DES ALLEMANDS TORTIONNAIRES OU AVEUGLES…

    La France avait déjà ses camps AVANT l’arrivée des Allemands, dès les mois de septembre, octobre 1939.
    On y entassait les ESPAGNOLS républicains venus se RÉFUGIER en France, tous les ÉTRANGERS suspectés d’être COMMUNISTES et tous les « NOMADES » et même des FORAINS.

    L’exposition faites à Poitiers il y a 3 ou 4 ans, m’a révélé l’existence de l’un de ces camps situé à quelques kilomètres de chez moi !
    J’ai vu les baraquements strictement identiques aux camps de concentration.
    Les témoins restés vivant ont racontés : le froid glacial et la chaleur étouffante sous les taules…Le manque d’hygiène (peu d’eau pas de savon et aucun vêtement de rechange) donc la gale, les poux sont rois… Une fois les chaussures usées, les pieds dans la boue ou sur le sol gelé et pas de soins médicaux appropriés bien sûr.
    Un TÉMOIN tzigane raconte : « je garde de nombreux souvenirs, en particulier de la FAIM ainsi que de la BRUTALITÉ DES GARDIENS FRANÇAIS, plus zélés encore que leurs homologues allemands. » Ils disent aussi leurs émotions à l’égard de tous ces français qui passaient sur cette voie Poitiers- Limoges, très passagère, qui longeait tout un coté du camp sans qu’un seul d’entre eux est un regard, ou un quignon de pain à lancer !
    Les Allemands ne donnèrent jamais l’ordre de déporter les Tsiganes internés en France.
    Cependant, suivant les témoignages de survivants 50 à 100 tziganes sont partis de Poitiers sur un total de 351 de diverses nationalités capturées en France en Belgique et en Hollande déportés vers des camps de travail allemands (ils sont restés enfermés presque un an de plus après la guerre)
    Cinquante à cent d’entre eux furent déportés. Un survivant de Buchenwald ne venant pas de Poitiers témoigne du « froid et de la faim, des coups, du travail harassant dans les galeries souterraines » qui causèrent la mort de son père et neuf membres de sa famille.

    Avec l’ARRIVÉE DES ALLEMANDS sont également identifiés comme des ennemis et des menaces pour la sécurité les , DISSIDENTS POLITIQUES (communistes et gaullistes), JUIFS, CONDAMNES DE DROIT COMMUN, MAQUISARDS, TÉMOINS DE JÉHOVAH, HOMOSEXUELS, « INDÉSIRABLES » (avorteuses, expulsés, gens du milieu, sans travail ) et les « MARGINAUX», « NON-CONFORMISTES », soit parce qu’ils s’opposaient consciemment au régime, soit parce que leur comportement ne correspondaient pas tout à fait aux normes sociales du moment. ..
    Finalement il suffisait de ne pas plaire à son voisin… BONS FRANÇAIS FIDÈLES AUX VALEURS de leur sauveur : PÉTAIN ! …DÉNONCIATIONS…

    J’oubliais la campagne d’extermination des HANDICAPES PHYSIQUES ET MENTAUX, en Allemagne, de 1939 à août 1941. Elle a fait de 70 000 à 80 000 victimes. En France on en dénombre 40 à 50 000. Mort silencieuse… plus d’argent, plus de nourriture, on les a laissé mourir de faim !

    « Travail, Famille, Patrie » et on se débarrasse des « improductifs » et des « gêneurs » est-ce que ce programme ne recevrait pas l’agrément de beaucoup de français encore aujourd’hui ? Pourtant nous savons où cela peut nous entrainé…

    Vous voyez maintenant pourquoi j’écris : « Faisons ATTENTION il n’y a pas eu QUE LES JUIFS comme il n’y a pas eu QUE DES ALLEMANDS TORTIONNAIRES OU AVEUGLES…
    ATTENTION : Sommes-nous sûrs de ne pas présenter une différence qui nous conduirait à l’internement dans un camp… et ce qui suit… devons continuer à désigner Juif ou Magrébins comme bouc émissaire… connait-on leurs vrais programmes derrière ?
    ATTENTION : Sommes-nous à l’abri de faire souffrir l’autre « différent » (regard, parole, indifférence…) Sommes-nous sûr que nous nous lèverions pour aider cette jeune fille dans le wagon où elle se fait violer…

    J’ai visité ce site, comme j’ai visité Oradour-sur-Glane.
    Aussi gênée dans ces 2 lieux nous n’avons pas pu échanger quoi que ce soit pendant et même après un bon moment encore suite à ces visites…Tiens, sans le vouloir je reviens aussi sur le : pas de MOTS que des MAUX.
    Mais avec le recul on peut réfléchir et mettre quelques mots…

    Je croix que la question n’est pas : visiter ? ou ne pas visiter ?
    Mais est-ce que je fais tout ce qu’il faut pour que ça ne recommence pas. Et si ça recommençait qu’est-ce que je ferais ?

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