Un tour dans le passé japonais au musée architectural « Edo-Tokyo Open Air Museum » de Konagei

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​Ce musée d’architecture situé dans la banlieue de Tokyo est une petite merveille qui vous conduira tout droit à Edo.

Mercredi 9 août

À la base, je souhaitais aller à Kawagoe, surnommée « la Petite Edo » (Edo était le nom de Tokyo jusqu’à 1868) a cause de son centre-ville traditionnel, mais après avoir lu l’avis très mitigé de Kanpai.fr sur cette ville, j’ai préféré me tourner vers l’Edo-Tokyo Open Air Architectural Museum, que j’avais repéré sur le passionnant site Lavieduriz.com.

J’ai un peu hésité à y aller, parce qu’il est assez loin du centre de Tokyo (40 minutes de métro depuis Ueno et 25 minutes de marche), mais la visite s’est avérée être l’une de mes préférées de mon voyage. Pour l’anecdote, Hayao Mizazaki est aussi un grand fan de cet endroit et s’est inspiré de certains de ses bâtiments avant de réaliser Le voyage de Chihiro. Il en a même dessiné la mascotte.

Le musée regroupe des maisons ou constructions récupérées à Tokyo et déplacées ici pour être préservées, au gré des projets d’immobilier qui changent constamment Tokyo (un Japonais rencontré au sento m’a d’ailleurs dit apprécier la France pour le respect que nous vouons aux vieux bâtiments et au cachet de nos centre-villes). En cela, il ressemble à d’autres musées d’architecture (comme le musée Árbæjarsafn à Reykjavik), même si celui-ci est plus grand et couvre une période plus longue et variée, comptant même des bâtiments du vingtième siècle.

Le musée est divisé en trois grandes zones, plus les bâtiments administratifs et l’entrée, logés dans l’ancien Palais Kokaden, construit en 1940 pour célébrer le 2600e anniversaire du Trône du chrysanthème, la maison impériale japonaise (il n’y a pas de faute de frappe : selon la légende, l’empire du Japon a été fondé en 660 av. J.-C. par l’empereur Jimmu et l’actuel l’empereur Akihito serait son 124e descendant ; dans les faits les documents historiques ne remontent qu’au quatrième siècle, ce qui est déjà pas mal).

La première zone comporte d’anciennes fermes ou maisons féodales du début de l’ère Meiji (dix-septième siècle). D’un intérêt historique certain, elles sont néanmoins moins intéressantes à visiter ; ou du moins, pas aussi impressionnantes pour le visiteur. Je passe donc rapidement dessus.

Au centre du musée se trouvent des pépites architecturales de la première moitié du vingtième siècle, choisies plus pour leur haute valeur historique que pour leur représentation de la vie de la population. On y voit par exemple la résidence de Kunio Mayekawa, qui a tenté d’intégrer l’architecture moderne et l’architecture traditionnelle ou la maison de Georg de Lalande, un architecte allemand qui a vécu au Japon.

Le site comprend aussi l’immense résidence de Korekiyo Takahashi, ancien Premier ministre assassiné en 1936.

La troisième zone, la plus impressionnante, est un quartier complet de la fin de l’époque Meiji et le début de l’époque Showa (fin du dix-neuvième – début du vingtième siècle). On y trouve des commerces, des habitations, mais aussi un établissement de bains, ainsi qu’un vieux tramway. Ne manque plus que des gens en costume, et on s’y croirait (en l’occurrence, lors de ma visite, il n’y avait personne, on ne croyait donc plutôt dans une ville fantôme).

Bonus track : l’Ōedo-onsen-monogatari à Odaiba

Plus proche du centre de Tokyo, et aussi plus relaxant, mais moins historique, se trouve l’Ōedo-onsen-monogatari (L’onsen historique d’Edo, si mes trois notions de japonais ne me font pas défaut). Cet établissement de sources chaudes est situé dans l’ultra-moderne quartier d’Obaïba, gagné en partie sur la mer. Il propose plusieurs bassins et bains, non mixtes, ainsi qu’un ruisseau extérieur.L’eau des bains provient de 1.400 mètres sous terre et est riche en sodium, calcium et magnésium.

Au centre du complexe, une galerie pseudo-historique permet de manger des spécialités plus ou moins traditionnelles dans une ambiance mercantile mais sympathique.

Attention : les gens tatoués sont formellement interdits, même s’il s’agit d’un tatouage de papillon de 3 cm² sur votre cheville et que vous n’avez pas l’air d’être un yakuza.

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