Les châteaux de Neuschwanstein et Hohenschwangau

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Les châteaux de Louis II de Bavière, joyaux de la région, méritent largement une journée d’excursion depuis Munich.

Y aller

Beaucoup de tours opérateurs proposent des circuits à la journée pour visiter ces deux châteaux, mais il est bien plus économique d’y aller en train.

Le mieux est de prendre un Bayern Day Ticket, qui permet de circuler toute la journée sur le réseau ferroviaire de la région. A 23€ (pour une personne), c’est bien moins cher qu’un aller-retour classique.

De Munich, prendre le train jusqu’à Füssen. De là, suivre les hordes de touristes jusqu’aux bus qui vont aux châteaux (c’est le même ticket). En tout, ça prend environ 2h10. Bonne nouvelle : la vue depuis le train est très jolie.

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Acheter les billets

La réservation sur Internet est plus que conseillée. Sinon, armez-vous de patience : le jour de ma visite (dimanche de Pâques), l’attente aux guichets était de 2h. N’oubliez pas qu’il s’agit de la première destination touristique de Bavière.

Chaque château coûte 12€ et le musée 9,5€. Il existe des billets combinés deux châteaux (23,5€) et châteaux + musée (29€). Honnêtement, si les châteaux valent le coût, je trouve le prix du musée bien trop élevé pour ce qu’on y voit, même avec le billet combiné.

La visite de Neuschwanstein

Si vous avez l’impression d’avoir déjà vu le château Neuschwanstein, c’est normal. Nonobstant sa célébrité, il est aussi le château qui a inspiré Disney pour ceux de la Belle au bois dormant et Cendrillon. Le château du premier parc Disneyland tire aussi son inspiration d’ici.

Et quel meilleur destin pour ce château conçu dès son origine comme un monde imaginaire ?

Pour comprendre son origine, un peu d’histoire. Alliée à la France contre la Prusse lors des guerres napoléoniennes, la Bavière est devenue un royaume en 1806 – cadeau de Napoléon à Maximilien, le premier roi de ce nouvel État. Soixante ans plus tard, alors que Louis II règne, la Bavière est rattachée à la Prusse, suite à la victoire de cette dernière à Sadowa. Louis II perd une grande partie de son pouvoir, dévolu à Bismarck, et, pour occuper ses journées, se passionne de littérature mythologique et d’opéras. Il décide de se lancer dans la construction de plusieurs châteaux, dont Neuschwanstein est le plus célèbre.

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On a beau l’avoir déjà vu en photo mille fois, l’édifice fait son effet, perché sur un piton rocheux de 200 mètres de hauteur. On y accède en trente minutes de marche par une route serpentant dans la forêt, à l’issue de laquelle le château apparaît dans toute sa majesté.

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La première pierre du château a été posée en 1869 et trois architectes se sont succédé sur l’ouvrage. Pour autant, il est tout à fait homogène et conforme aux désirs du roi, dans un style gothique assez spectaculaire.

En attendant l’heure de ma visite guidée, je prends un chemin qui mène en dix minutes derrière le château, sur le Marienbrücke. C’est la plus belle vue de l’ensemble de l’édifice, avec Füssen en arrière-plan. Le pont est actuellement fermé, car en travaux, mais quelques barbelés ne m’empêchent pas d’aller trouver un beau point de vue équivalent… Terriblement photogénique !

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La vue de l’autre côté, sur le village de Füssen, est pas mal aussi :

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La visite guidée débute dans la cour du château et est menée au pas de charge (30 minutes, pas une de plus) dans les 3e et 4e étages de l’édifice. Ce sont les deux seuls qui sont meublés et qui ont été habités quelques mois par Louis II. En 1886, alors que le chantier n’était pas terminé, les ministres du royaume ont fait interner leur roi maudit sous prétexte de folie. Trois jours plus tard, il est retrouvé mort. Suicide, accident, assassinat : le mystère reste entier. Dès sa mort, les deux étages terminés sont ouverts au public pour financer les travaux qui ont ruiné la Bavière. Depuis, ils ont sûrement été largement rentabilisés.

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La visite est courte, mais elle en met plein les yeux (par contre, les photos sont interdites). Pour la décoration de son château, Louis II a voulu un aspect médiéval mais avec le confort moderne (eau courante, électricité, chauffage…). Les murs sont peints de scènes issues de la mythologie médiévale germanique et notamment de la quête de Parsifal, à qui le souverain s’identifiait. Lohengrin, accompagné de son cygne (Schwan signifie cygne en allemand) est aussi très présent.

Parmi les salles les plus impressionnantes : la salle du trône (inachevée), dont les matériaux sont inspirés de la basilique Sainte-Sophie, la chambre à coucher au sublime ameublement gothique ou la salle des chanteurs, impressionnantes salle de fête inspirée de l’opéra Tannhäuser.

De manière général, j’aime beaucoup les châteaux, mais ai tendance à penser qu’à l’intérieur, ils se ressemblent tous. En plus, je trouve très rarement les tapisseries jolies (sauf cas exceptionnels comme la teinture de l’apocalypse) et les dorures m’indiffèrent. Par contre, j’ai trouvé ces deux étages de toute beauté. Je m’y verrai même bien y vivre, en passant mes jours à lire les sagas et écouter Wagner. C’était sûrement le programme de Louis II.

La vue depuis le château.

La vue depuis le château.

La visite du musée des rois de Bavière

En attendant l’heure de ma visite guidée du château Hohenschwangau, je me rends au Museum der bayerishen Könige, situé à son pied. Comme son nom l’indique, il est consacré au Royaume de Bavière, qui s’est étendu de 1806 à 1918, et à la dynastie des Wittelsbach, qui y a régné de 1180 à 1918.

Il raconte l’histoire des plus importants d’entre eux et présente quelques objets leur ayant appartenu. Le point d’orgue de la visite est le manteau de couronnement ayant appartenu à Louis II.

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La visite du Hohenschwangau

Ce château n’est pas dû à Louis II, mais à son père Maximilien II. Après être tombé amoureux de ce coin de la Bavière, il rachète les ruines de la forteresse de Schwangau, qui remonte au XIIe siècle, et s’y fait construire de 1832 à 1836 un palais d’été.

De style néogothique, le château dégage une atmosphère assez intime : la reine Marie y a passé beaucoup de temps avec son fils, Louis II.

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Ce dernier y est revenu pour superviser les travaux sur le Neuschwanstein : sa chambre contient même une lunette longue qui lui permettait de suivre l’état du chantier depuis sa fenêtre.

Ici encore, les murs sont couverts d’épopées chevaleresques ou mythologiques. Ici surtout, Louis II a pu profiter de son amitié avec Richard Wagner, qui avait une chambre attitrée. Un piano qu’il a sans doute utilisé est encore présent. Contrairement au voisin d’en face, ce château a bien sûr été meublé et l’essentiel des pièces ont été conservées.

Mention spéciale à la chambre de Louis II, dont les peintures murales représentent des femmes nues (l’enlèvement de Jérusalem, mon œil, c’est l’ancêtre de Playboy oui) et dont les étoiles au plafond peuvent s’illuminer grâce à des lampes à pétrole placées à l’étage supérieur.

Plus petit que Neuschwanstein, moins richement décoré, Hohenschwangau ne risque pas de lui faire de l’ombre. Une simple visite extérieure peut donc suffire si votre budget est serré, mais ça serait dommage de venir jusqu’ici et de faire l’impasse.

 

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