Jour 1 : Découverte de Kiev, la nuit

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Jeudi 12 février

L’Ukraine, c’est toujours l’Europe, mais ce n’est pas la porte d’à côté. Parti à l’aube de chez moi, il est 15h40 (14h40 heure de Paris) quand je sors de l’aéroport de Kiev. Paris-Munich puis Munich-Kiev avec la Lufthansa. 35 minutes de retard au départ de Charles-de-Gaulle, un sprint en correspondance, 15 minutes de retard pour le second vol. Où est la légendaire ponctualité allemande ?

Arrivé à Kiev, passage rapide à l’immigration, puis premier étonnement devant le distributeur de billets. Il me propose de choisir un montant entre 10 et 500, sans préciser la devise ; or, 10 UAH, ça fait 30 centimes d’euros… Je me demande donc un instant si je me suis pas trompé en cherchant la valeur de la monnaie locale ou s’il ne va pas me sortir des euros. Finalement, il s’agit bien de la monnaie locale, la hryvnia. Je peux donc sauter dans le bus qui, pour 50UAH, va me mener au centre ville.

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Après une petite heure de trajet, dans un paysage blanc, morne et entrecoupés de barres d’immeubles d’une laideur soviétique, le bus me dépose derrière la gare centrale. Me voilà lâché dans le froid piquant de Kiev, à essayer de décrypter le nom des rues pour trouver mon hôtel.

La navette de l'aéroport s'arrête devant la gare centrale, facile à repérer.

La navette de l’aéroport s’arrête devant la gare centrale, facile à repérer.

Quand j’y arrive, le jeune homme à l’accueil -qui s’appelle Nikita et en veut beaucoup à Luc Besson d’avoir fait un film où une femme qui porte ce prénom, masculin en Ukraine- me demande d’excuser les travaux : « on renforce notre système de sécurité, étant donné le contexte actuel. » Je lui demande s’il a une carte de la ville avec les principaux points touristiques à me donner. « Non, notre stock est épuisé et nous n’en avons pas demandé d’autres, vu qu’il n’y a plus de touristes, étant donné le contexte actuel. » Ambiance.

Le temps que je pose mon sac et me repose un peu, il fait déjà nuit quand je ressors. La journée touchant à sa fin, je vais seulement faire un tour du Kiev historique.

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Je commence par la Cathédrale Saint-Volodymyr, siège de l’église orthodoxe d’Ukraine. Je suis marqué par la foi que j’y trouve : il y a beaucoup de monde à l’intérieur, tous en train de prier dans tel ou telle chapelle ou devant des reliques. Je suis le seul touriste. L’atmosphère est si empreinte de religiosité que j’ose à peine sortir mon appareil photo.

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En continuant la rue, j’arrive dans le plus grand marché couvert de la ville, le Bessarabskiy rynok, fondé en 1912.

De ce marché part la rue Khreschatyk, les Champs-Élysées de Kiev. Alors que dans la zone de la gare, la ville est plutôt laide, ici les beaux hôtels le disputent aux grands magasins.

Mention spéciale pour cet impressionnant immeuble stalinien.

Mention spéciale pour cet impressionnant immeuble stalinien.

La rue débouche sur la place de l’indépendance, la fameuse place Maiden. Il y a très peu de stigmates des événements (à part un immeuble incendié qui est caché par une bâche), que seuls rappellent des centaines de bougies, photos, mots et fleurs, sous la colonne de l’indépendance.

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Des hommes en treillis font des quêtes « pour l’armée ukrainienne », mais je ne suis pas convaincu qu’ils soient vraiment soldats…

En 2001, alors que la place était (déjà) au centre d’une campagne de protestations, un chantier de grande ampleur a été décidé par le maire de Kiev. La place a été clôturée pour les besoins des travaux, et est donc devenue inaccessible pour les manifestants… Malin, non ?

À l’issue des travaux, les Ukrainiens ont découvert la place telle qu’elle est aujourd’hui : elle compte désormais un monument à Kyi, Schek et Khoryv, les fondateurs légendaires de Kiev ; au héros folklorique, le cosaque Mamay; au protecteur historique de la ville, l’archange Michel ; ainsi que de nombreux dômes de verre.

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C’est aussi à ce moment-là qu’a été érigée la colonne de l’indépendance, pour célébrer les 10 ans de l’indépendance du pays. Au sommet de cette colonne de 61m se trouve la statue de la déesse païenne Bereginya-Oranta, protectrice de la maison et de la famille.

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Je m’arrête dans le premier restaurant qui vient afin de dîner, mais surtout de me réchauffer. Il fait -1°, ressenti de -6°, et l’humidité fait des ravages.

Apéritif (vin chaud), entrée, plat, dessert, thé : 211UAH, soit 6,9€. La pinte de bière était à moins d’un euro, le pichet de vodka à 1,5€…

Après ce très bon dîner, je me dirige vers trois des lieux de cultes les plus importants de la ville : la cathédrale Saint Michel, la splendide église Saint-André et la cathédrale Sainte-Sophie. J’ai prévu de les visiter demain matin.

La cathédrale Saint-Michel.

La cathédrale Saint-Michel.

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L'église Saint-André.

L’église Saint-André.

La cathédrale Sainte-Sophie.

La cathédrale Sainte-Sophie.

Après un arrêt à la Porte dorée puis à l’opéra, je retourne ensuite à l’hôtel. Ma petite promenade m’aura finalement pris quatre heures et permis de dissiper l’a priori négatif que j’avais sur Kiev (notamment après avoir lu quelques retours dessus) : non, la ville n’est pas si moche que ça, du moins dans le centre. Ou plutôt : si, la ville est moche, mais compte quand même quelques perles qu’il est sympa de voir, quitte à être là. Ce n’est pas Prague ou Vienne, où l’on peut aller un weekend pour le plaisir : on vient à Kiev pour une bonne raison. La mienne, vous la saurez demain.

La Porte dorée, qui était une porte dans la forteresse historique de la vieille ville.

La Porte dorée, qui était une porte dans la forteresse historique de la vieille ville.

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L'opéra/

L’opéra.

Le musée national.

Le musée national.

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