Jour 2 : Temple du ciel et Cité interdite, parcs Jinshan et Beihai, village Olympique

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Vendredi 25 juillet

Entre le décalage horaire et la chaleur étouffante de la nuit, c’est à peine si j’ai pu fermer l’œil. Je me force néanmoins à sortir du lit pour cette première vraie journée dans la ville, avec un programme très chargé.

Direction tout d’abord le Temple du Ciel, au sud du centre-ville. Il s’agit d’un des plus grands temples de la ville. Construit en 1420, il permettait à l’Empereur de prier le ciel pour des bonnes récoltes. Des prières pas tout à fait désintéressées, puisqu’en cas de mauvaise saison, le peuple aurait pensé que les dieux ont laissé tomber leur représentant sur Terre…

On entre tout d’abord dans un immense parc, qui fourmille d’animations. Sous chaque cyprès ou presque, on trouve des vieux qui jouent aux cartes, des moins vieux qui dansent, et des gens de tout âge qui jouent, font de la gymnastique ou simplement bavardent.

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Normalement, le site se parcourt du sud (qui représente la Terre) au nord (le Ciel). La station de métro à laquelle je suis descendu est plus près du nord, je vais donc d’abord voir le clou de la visite : la salle de prière pour les bonnes moissons.

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Haute de 40 mètres, cette salle circulaire est un joyau de l’architecture chinoise classique. Elle s’élève sur un triple piédestal de marbre. Le plan des lieux précise qu’il s’agit du « temple le plus célèbre au monde ». J’en doute fortement (je donnerais plutôt ce titre au Parthenon); mais il est dans tous les cas d’un intérêt majeur.

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À l’est du temple se trouvent la chambre sacrificielle, la maison du boucher et la cuisine divine, en restauration (sans jeu de mot).

Au sud s’étend sur 300 mètres le pont Danbi, le passage qu’empruntaient les dieux (au centre), l’Empereur (à l’est) et les nobles (à l’ouest) pour arriver à la salle de prière. Pour eux, fouler ce chemin correspondait à monter au paradis.

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Pour moi, il s’agit plutôt de redescendre sur Terre, puisque j’arrive au temple de la voûte céleste impériale, où se préparait l’empereur. Plus petit que la salle de prière, cet édifice est lui aussi un très beau représentant de l’architecture chinoise traditionnelle. Il est enserré dans un « mur des échos », aux phénomènes acoustiques sans doute intéressants à expérimenter… Quand le lieu n’est pas envahi de touristes !

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Enfin, troisième étape majeure au sud, l’autel du Ciel, un grand autel cérémoniel de marbre, au centre duquel trône « le centre de l’univers » (rien que ça). Spoiler : c’est moins impressionnant que ne le laisse indiquer le nom.

C'est apparemment un lieu porte-bonheur pour les Chinois, qui y vont tous de leur photo souvenir.

C’est apparemment un lieu porte-bonheur pour les Chinois, qui y vont tous de leur photo souvenir.

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Je remonte ensuite dans le parc, en profitant de l’ombre des cyprès, jusqu’au métro. Découverte amusante : je traverse un « marché des célibataires » où des parents, inquiets que leur progéniture finisse seule, présentent leurs mensurations (taille, salaire), date de naissance et parfois photos sur des feuilles devant eux.

Le pire, c’est que la plupart des fiches présentaient des gens de mon âge ou plus jeunes. En Chine, je serais déjà presque périmé. Je ne sais pas comment je dois le prendre.

Gros morceau de mon séjour pékinois ensuite : la Cité interdite.

Il s’agit de l’ancienne résidence des empereurs, rôle qu’elle a tenu pendant près de cinq siècles après sa construction, qui s’est étalée de 1407 à 1420.

Le lieu est à la mesure de la place qu’ils se donnaient dans le monde : 960 mètres de long, 750 mètres de large, et 9.000 pièces au total.

On y arrive par la célèbre place Tian’Anmen, en traversant la porte de la Paix céleste sous les yeux du Grand timonier.

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Nous voilà alors en face de la porte du Midi. Et là, on se sent tout petit. Malgré les rénovations en cours sur les deux ailes, cette monumentale entrée en forme de U, large de 100 mètres, rempli parfaitement son office : nous faire comprendre qu’on va pénétrer dans un endroit magique, impressionnant, éternel.

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Et pourtant, cette porte ne donne pas tout de suite sur le palais, puisqu’il faut d’abord traverser une première cour – où coule une rivière en forme d’arc, traversée de cinq ponts – pour arriver à la porte de l’Harmonie suprême, protégée par deux lions de l’époque Ming.

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Nous voilà enfin dans la cour principale, qui pouvait contenir jusqu’à 100.000 personnes. Là trône le palais de l’Harmonie suprême, le plus grand de la cité. C’est là que se déroulaient les cérémonies les plus importantes de l’Empire. Le trône de l’empereur y est toujours, mais le bâtiment est aujourd’hui fermé…

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La cité est bâtie sur un arc sud-nord absolument parfait, avec à l’est et à l’ouest des dédales de temples et de palais plus modestes. Au centre se trouvaient les bâtiments les plus importants. L’empereur pouvait d’ailleurs traverser la cité en ligne droite, sur un chemin de marbre gravé de dragons qui lui était réservé.

Le chemin gravé de dragons qu'empruntait l'empereur.

Le chemin gravé de dragons qu’empruntait l’empereur.

Derrière le palais principal se trouvent deux autres plus petits : le palais de l’Harmonie du milieu (qui servait de cabine de méditation ou de travail) et le palais de l’Harmonie préservée, lieu de banquets.

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Passé ce bâtiment, on arrive réellement au cœur de la cité interdite. Car si des travailleurs et des invités pouvaient se trouver dans ce que nous avons vus, ils ne pouvaient aller plus loin : ce sont les quartiers privés de l’empereur et de son impératrice, de ses épouses et de ses concubines (rien que ça !).

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Derrière se trouvent le palais de la Pureté céleste (où se trouvaient les appartements des Ming), le palais de l’Union (salle du trône de l’impératrice) et… le palais de la Tranquillité terrestre, la chambre nuptiale des empereurs.

Après tant d’émotions – car c’est vraiment un lieu exceptionnel – je vais me reposer un peu dans les jardins impériaux, qui marquent la fin de la cité.

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Avant de partir, je vais voir une partie des bâtiments de l’est de la cité (et acheter ma troisième bouteille d’eau de la journée). Puis je sors au nord.

Il suffit ensuite de traverser une avenue pour avoir un bonus de visite, la cerise sur le sommet de la cité : le parc Jinshan. Cette colline (artificielle, elle a été dressée avec la terre des douves et lacs de la ville) de 108 mètres de haut permet, avec un peu de grimpette, d’admirer la cité vue d’en haut. Parfait pour une photo souvenir !

Le parc Jinshan vu de la Cité interdite.

Le parc Jinshan vu de la Cité interdite.

Moins recommandé pour faire un selfie, on y trouve aussi l’arbre auquel le dernier empereur de la dynastie des Ming s’est pendu, alors qu’une armée de 40.000 paysans menée par son adversaire entrait dans Pékin.

L'arbre du pendu.

L’arbre du pendu.

La Cité interdite vue du haut de la colline.

La Cité interdite vue du haut de la colline.

Autre parc, cette fois lacustre et plus grand : le parc Beihai. Au 15e siècle, il faisait partie intégrante de la cité interdite. Au 20e, c’était le jardin privé de la femme de Mao. Il a depuis été rendu aux Pékinois, j’en profite pour me reposer un peu l’esprit après toutes ces visites.

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Le lieu est parfait pour cela. La promenade autour du lac, à l’ombre des arbres, est particulièrement appréciable et rafraîchissante.

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Le parc possède aussi un temple à visiter. Sa particularité : il est de style tibétain, et a été construit pour célébrer la visite du dalaï-lama, en 1651. Étonnant qu’il ait survécu à la folie éradicatrice de la Révolution culturelle…

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Il est maintenant temps de finir cette journée (et ce texte ; merci à vous si vous êtes arrivé jusqu’ici). Je vais faire un bond en avant dans le temps et quitter le 15e siècle. Direction 2008. Vous voyez où je vais en venir ?

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À vrai dire, j’ai eu plutôt peur en décidant d’aller voir le village olympique. Je m’attendais à tomber sur une esplanade bétonnée glauque, où les stades tombent en ruinent et où les mauvaises herbes et leurs fumeurs reprennent leurs droits (oui Athènes, c’est de toi que je parle).

En fait, pas du tout. Le village olympique est très animé, avec un énorme centre commercial et des centaines de familles en goguette. L’ambiance fait vraiment kermesse.

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Je reste simplement le temps de voir le cube d’eau et le nid d’oiseau s’illuminer, puis rentre à l’hôtel.

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À suivre demain, le plus gros morceau de mon séjour : le palais d’été.

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