Jour 7 : La côte Amalfitaine

Posté par

Vendredi 1er mai

J’ai décidé ce vendredi de parcourir la côte Amalfitaine, de Salerne à Sorrente. Ce n’est pas une brillante idée puisque, pour cause de 1er mai, peu de bus circulent. Mais je m’en suis rendu compte trop tard (c’est ça d’être en vacances, on ne fait pas attention aux dates).

La Costiera Amaltitana est longue d’une cinquantaine de kilomètres et est considérée comme l’un des plus beaux littoraux d’Europe (en dehors de la Bretagne, qui est hors compétition).

Pendant quelques siècles, au tournant du 1er millénaire, Amalfi fut une superpuissance maritime, avant de voir son influence diminuer. La région, très isolée, s’est alors appauvrie avant de renaître au XXe siècle grâce à l’afflux de touristes.

De Naples, je commence par prendre un train qui me mène en 35 minutes à Salerne, la deuxième plus grande ville de la région.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Il n’y a pas grand chose à y voir, à part quelques jolies rues du (petit) centre historique et la cathédrale. Construite par les Normands au XIe siècle dans un style médiéval, elle a pris un style intérieur baroque au XVIIIe siècle. Elle possède quelques jolies mosaïques du XIIIe siècle, notamment dans la chapelle des Croisades (où les croisés venaient faire bénir leurs armes) et dans la crypte, où reposeraient des reliques de Saint-Matthieu.

Je souhaite ensuite rallier Amalfi, mais alors que j’arrive à la gare, le bus de 11h40 me passe devant. Le suivant est à 14h… Le bateau à 14h10. Le train à 13h40. Après une intense réflexion et un déchiffrage des horaires de tout ça (choses que j’aurais dû faire hier si j’avais été organisé), je décide d’opter pour le bateau.

En attendant, pour tuer le temps, je vais succomber au pêché de gourmandise dans une ancienne église, qui abrite la meilleure pâtisserie de la ville, la Pasticceria Pantaleone. Je me régale d’une scazzetta, un gâteau à base de génoise, de baies et de crème, imbibé de liqueur Strega et entouré de gelée à la fraise. Succulent.

La traversée de Salerne vers Amalfi dure environ 35 minutes et permet d’admirer quelques bourgades plus ou moins grandes, plus ou moins perchées au-dessus des eaux.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

En débarquant à Amalfi, coup de chance, je parviens à embarquer sur le dernier bateau du jour pour la Grotta dello Smeraldo. Située à quatre kilomètre d’Amalfi, cette grotte tient son nom de la couleur émeraude de son eau. Sous une voûte de 24 mètres de hauteur, on se promène en canot entre les stalactites et stalagmites, jusqu’à l’endroit où l’eau prend cette teinte particulière, puis au-dessus d’une crèche immergée. Deux fois par an, des plongeurs y viennent en pèlerinage. C’est une sortie assez sympa, mais assez chère pour ce que c’est (10€ le bateau et 5€ l’entrée dans la grotte).

En plissant les yeux, vous pourrez distinguer la crèche.

En plissant les yeux, vous pourrez distinguer la crèche.

La ville d’Amalfi compte environ 5000 habitants et est assez modeste, sans beaucoup de monuments. Pourtant, cette ancienne république maritime (au même titre que Venise, Pise et Gènes) a accueilli jusqu’à 70.000 habitants. La raison en est que la ville a sombré corps et âme dans la mer, lors d’un violent séisme au XIVe siècle.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

J’y reste simplement le temps de visiter la jolie cathédrale, qui abrite des reliques de Saint-André. Après un minuscule mais élégant cloitre du XIIIe siècle, on pénètre dans une basilique médiévale transformée en musée. Accolée se trouve la cathédrale en elle-même, qui date du XIIe siècle et dont l’intérieur baroque est du XVIIIe. Je fais ensuite un arrêt à la pâtisserie Pansa, ouverte depuis 1830 pour le parvis de la cathédrale. L’occasion de goûter à des spécialités locales : la scorzetta d’arancia (écorces d’orange confites entourées de chocolat), la torta setteveli (gâteau chocolat noisette) et la delizia al limone (gâteau au limoncello).

Je vais ensuite faire la queue pour le bus… En en laissant partir un, bondé. 35 minutes et quelques coups de coude plus tard, j’embarque dans le suivant. Coup de chance, après quelques kilomètres, une place se libère côté mer.

Ça me permet de profiter des splendides paysages, une bonne centaine de mètres de hauteur. Les villas en équilibre au-dessus du vide, les montagnes qui plongent dans la mer… Ça fait rêver.

Lorsque nous arrivons à Positano, le Soleil est déjà éclipsé par les montagnes, mais la ville n’en reste pas moins charmante. Ici, les rues sont pour la plupart des escaliers et il est difficile de ne pas se perdre dans ce qu’on peut appeler des « empilements » plutôt que des « pâtés » de maisons.

Positano a beau être la plus belle ville de la côte (selon moi), il n’y a pas de monuments à visiter. Simplement une église, qui a la particularité de posséder une vierge noire de style byzantin, du XIIIe siècle.

C’est une ville où l’on flâne, pas que l’on visite.

Ceci dit, je ne flâne pas longtemps avant de me dire qu’il faut que je trouve le bus pour Sorrente. Et ce n’est pas une partie de plaisir. Après avoir rejoint l’une des seules (la seule ?) routes qui fait le tour de la ville, je la remonte pendant 30 ou 40 minutes en me disant que le bus doit forcément la prendre. J’y arrive finalement, 10 minutes avant son passage. Si je l’avais raté, le prochain passait à 21h50…

J’arrive finalement à Sorrente à 20h30 et saute directement dans un train pour Naples. La flemme de me promener dans Sorrente de nuit, alors que j’ai encore une heure de trajet…

Bilan de la journée : c’était beau, superbe même. Ce n’est pas un constat très original et les milliers de touristes qui se pressent ici le prouvent. Par contre, mon programme était bien trop ambitieux (même en prenant en compte le fait qu’on soit un jour férié) et j’ai l’impression d’avoir passé la journée à courir après les transports. Si je devais le refaire, ça serait au minimum en deux jours, pour vraiment humer l’atmosphère de chaque ville et faire quelques escapades dans les villages plus reculés, comme Ravello. Autre arrêt qui me fait de l’œil : le « Sentier des dieux », randonnée de 12 kilomètres sur les crêtes qui surplombent Positano. La prochaine fois ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *