La capitale Norvégienne mériterait bien quelques jours de plus, mais tout est tellement cher qu’on se contentera d’un week-end pour tout voir.

Dernière capitale scandinave que je visite, Oslo est à l’image d’Helsinki ou de Stockholm : jolie, très agréable, et facile à visiter, mais aussi pas très grande. Le centre se visite rapidement et à part pour aller sur la péninsule de Bygdøy (où se trouvent quelques musées), prendre le bus n’est pas vraiment nécessaire. Ce fut une belle découverte, avant mon séjour dans le bien plus froid Svalbard !

█ À propos des prix et du temps nécessaire

J’ai passé deux jours complets en ville (arrivé le vendredi soir, parti le lundi matin), ce qui m’a permis de voir tout ce que je voulais, même si je n’aurais pas craché sur une journée de plus. Le problème d’Oslo (ou l’avantage si vous êtes pressés) est que tout est extrêmement cher, ce qui n’invite pas à la flânerie ou la relaxation : entre deux visites, ne vous attendez pas à vous installer sur une terrasse, car la facture monte vite ! À titre d’exemple, un simple café coûte environ 50 couronnes (5€) et un pipi dans des toilettes publiques 20 couronnes (2€). J’étais un soir dans un pub avec deux amis : après trois tournées (soit 9 bières coûtant chacune entre 9 et 13 euros), j’ai vu un ramequin rempli sur la table. « Ça alors, ils nous ont offert des cacahuètes », me suis-je exclamé. « Non, je l’ai commandé et payé 39 couronnes (4€) », m’a répondu un de mes compagnons.

Tout ça pour dire que vous irez de musée en free walking tour sans vous arrêter, sauf à la supérette pour acheter un bout de pain et deux tranches de fromage à midi pour déjeuner (personnellement, j’avais fait le plein de barres Feed avant de partir).

NB : lors de ma visite, en mars 2019, la Galerie nationale était fermée (en attente de son déménagement, en mai 2019), ainsi que le musée Munch (en attente de son déménagement en janvier 2020). En outre, les musées et monuments ferment tôt en hiver : après 16h, rideau ! Je recommanderais donc, pour les ajouter au programme que j’ai réalisé, de prendre 3 jours en hiver ou deux en été.

█ Premier jour : que voir dans le centre d’Oslo (Sentrum)

Avec ses 635.000 habitants, Oslo est la plus grande ville de Norvège, mais son centre est assez concentré (bien qu’en plein développement).

Commençons la visite près de la gare centrale, devant la statue du Tigre, l’un des symboles de la ville. Qu’est-ce qu’un tigre vient faire là ? Cette statue a été érigée en 2000, en référence à une œuvre du plus grand poète local, Bjørnstjerne Bjørnson (Initials BB), qui avait comparé la ville à un tigre du fait de sa dangerosité, à l’époque où elle était surtout un port avec du rhum, des femmes et de la bière nom de dieu.

Juste à côté se trouve une sculpture représentant le marteau de Thor, en hommage à des soldats morts lors de la seconde guerre mondiale.

À quelques minutes de là, voici le plus bel immeuble de la ville : l’Opéra. Chef d’œuvre d’architecture contemporaine, il a été inauguré en 2008 et représente, selon votre champ de vision, un navire, un iceberg ou un glacier. Lors de mon arrivée, il neigeait : impression de voir des pingouins s’y promener et monter sur le toit, pour une vue panoramique sur la ville. Derrière l’opéra, le bâtiment pas franchement gracieux en construction est le futur musée Munch. Artiste prolifique, il a peint plus de 20.000 œuvres et l’ancien musée était trop petit pour les accueillir. Pour info, son inspiration pour le Cri est venue lors d’une balade sur la colline située derrière l’opéra, un soir où le ciel est devenu rouge sang (des scientifiques ont depuis découvert que cette couleur était due aux particules issues d’une éruption volcanique ayant eu lieu quelques semaines auparavant aux Philippines).

Je suis revenu le lendemain matin, par beau temps, refaire des photos du bâtiment. C’est vraiment une réussite.

En remontant Radhusgata, on arrive sur la plus vieille place de la ville. En son centre, une sculpture représente un simple gant : c’est celui d’un roi (Christian IV) qui après un énième incendie ayant ravagé la ville, en 1624, a jeté son gant en disant : « là sera le centre de la nouvelle ville. Et cette fois vous allez me construire tout ça en briques. » Les bâtiments autour de la place sont donc les plus anciens d’Oslo, en dehors de la forteresse (le restaurant Gamle Radhus est l’ancien Hôtel de Ville et date de 1641).

Derrière, voici l’énorme citadelle Akershus, construite à partir du treizième siècle pour protéger la ville de l’ennemi héréditaire : les Suédois. On y trouve aujourd’hui plusieurs musées liés aux forces armées (musée de la Défense, de la Résistance, mémoriaux de la seconde guerre mondiale, monument national…) ainsi que le château Akershus, où se trouve la nécropole royale.

Derrière la forteresse, revoici le port. Le principal point d’intérêt ici est le Centre Nobel pour la Paix : les prix Nobel sont décernés à Stockholm (Alfred Nobel était suédois) à l’exception de celui pour la Paix qui est remis à Oslo – personne ne sait pourquoi Alfred Nobel a décidé ça, mais c’était peut-être pour justement renforcer les liens entre les nations.

Le centre présente des expositions temporaires (lors de mon passage, excellente expo parrainée par Amnesty International intitulée « Tell the world about us », à propos des gens enfermés injustement à travers le monde pour leurs idées, leur orientation sexuelle ou leur religion), une expo sur le lauréat de l’année et une salle où l’on peut découvrir les biographies de tous les lauréats. Mon avis : c’est très cher (120 couronnes) pour ce que c’est (vous aurez les mêmes infos sur Wikipedia gratuitement), surtout que la fondation Nobel est archi-blindée de thunes.

Le musée d’art contemporain est situé non loin, mais tournons nous plutôt vers le bâtiment à deux tours qui fait face au centre Nobel : c’est l’hôtel de ville. J’ai adoré l’architecture de l’opéra, mais celui-ci est tout aussi beau, dans un autre style. Construit entre 1931 et 1950, c’est un bel exemple d’architecture expressionniste. À l’extérieur, vous trouverez des bas-reliefs en bois narrant des épisodes de la mythologie nordique. À l’intérieur, un hall majestueux digne d’une cathédrale. C’est voulu : en Norvège, l’Etat est plus important que l’Eglise. Ne manquez pas de visiter les bureaux du premier étage, décorés par différents artistes norvégiens (dont Munch). Et en plus – roulements de tambours – c’est gratuit !

 

En remontant face à la mairie, on arrive au théâtre national et, derrière ce dernier, au Palais Royal. Il a été construit dans la première moitié du dix-neuvième siècle en tant que résidence norvégienne pour le roi de Suède et de Norvège (les deux pays se sont séparés en 1905).

Le saviez vous ? La couleur des maisons en Norvège indiquait le statut social des occupants. Le rouge était la couleur la moins chère, celle du peuple. Le jaune celle de la classe moyenne. Le blanc celle des riches (car il faut la repeindre tous les ans). Mais le Palais Royal d’Oslo est jaune, car il fut bâti par la famille royale suédoise, dont la couleur est le jaune. À l’indépendance de la Norvège, il a été décidé de garder le jaune, pour montrer la solidarité entre la famille royale et le peuple. De là à ce que le roi porte un gilet…

 

En revenant sur nos pas, après le théâtre national, nous voici devant le Parlement, joli bâtiment éclectique construit dans les années 1860.

Enfin, notre boucle se termine non loin de notre point de départ, près de la cathédrale d’Oslo (1697) dont l’intérieur vaut le coup d’œil avec ses fresques peintes dans les années 1950.

█ Deuxième jour : le musée du Fram, le musée des navires vikings et le parc Vigeland

Dès le matin, direction la péninsule de Bygdøy, à une vingtaine de minutes en bus du centre (l’été, des ferrys dont la traversée mais pas là ; j’en profite pour signaler que l’application du réseau de transports publics, Ruterbillet, est d’une simplicité enfantine). Cette péninsule compte plusieurs musées intéressants.

Notre choix se porte d’abord sur le musée du Fram (120 couronnes, tarif réduit 50 couronnes), où se trouvent deux bateaux : le Fram, utilisé par Roald Amundsen lors de son expédition au pôle sud, et le Gjøa, premier navire qui a traversé le passage du Nord-Ouest. Le musée est absolument passionnant et présente beaucoup d’artefacts de cette époque et d’informations sur ces incroyables expéditions. A côté, mon séjour au Svalbard, c’est Byzance !

À côté de trouve le musée Kon-Tiki, dédié à l’expédition un peu dingo d’un scientifique qui a voulu prouver sa théorie que certains habitants de Polynésie venaient du Pérou, et qui pour cela a fait la traversée sur un radeau. Je n’ai pas eu le temps de le visiter donc je ne sais pas ce qu’il vaut, mais l’histoire est marrante. Il a réussi en plus.

Non loin, je visite ensuite le musée des bateaux vikings, qui en présente trois en excellent état (ainsi que des objets qu’ils contenaient), dont l’incroyable bateau d’Oseberg, construit en 820 et parfaitement conservé. Ces trois bateaux ont été utilisés pour naviguer avant d’être remontés à terre pour servir de bateaux funéraires, ce qui explique leur état de conservation. Les personnes les plus puissantes étaient enterrées avec leur navire et de magnifiques offrandes pour faciliter leur voyage vers l’autre rive. Le bateau d’Oseberg a été utilisé comme bateau funéraire pour deux femmes. Ce musée est une réussite, mais assez petit : le tarif (120 couronnes, 80 en tarif réduit) est un peu exagéré…

Pour terminer, promenade dans le parc Vigeland, parsemé de statues de l’artiste éponyme. Censées représenter les différentes émotions humaines, elles sont parfois très étonnantes. Au centre du parc, le monolithe est le point d’orgue de cette colossale œuvre.