Le château de Peleș à Sinaia

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Dimanche 22 février

Quasiment tout notre groupe, à l’exception de Gareth, Alistair et Liam, est reparti pendant la nuit. C’est donc seul que je me rends à la gare pour acheter des billets pour Sinaia. Je ne me suis pas levé aussi tôt que j’espérais, mais la ville ne se trouve pas très loin : 142 km au nord de Bucarest. En train, il y a en pour 90 minutes environ. 

À condition que je trouve des billets ! Au premier guichet, on me propose un billet qui part à 14h et arrive à 17 à Sinaia. C’est bien trop tard pour moi.

« Je peux pas avoir le train qui part à 12h40 ? Il est sur les panneaux d’affichage.
– Ce n’est pas un de nos trains, il faut aller voir l’autre compagnie, de l’autre côté de la gare.

(Je m’y rends)
– Ce n’est pas un de nos trains non plus, il faut aller voir le guichet là-bas, au bout du couloir ».

Finalement, je trouve un billet qui me mènera à Sinaia en un peu plus d’une heure, pour une quinzaine de lei.

Mon voisin est un jeune Roumain qui, en voyant mon guide de voyage, comprend que je suis un touriste et engage la conversation. On parle notamment de la mauvaise image de la Roumanie et des Roumains dans le monde, et il semble soulagé que je fasse la différence entre Roms et Roumains. D’ailleurs, « je n’ai pas vu de Roms à Bucarest », lui dis-je. « C’est normal, répond-il. Ils sont partis chez vous. » Logique.

La ville de Sinaia, située dans une vallée, est surnommée « la perle des Carpates » pour les beautés naturelles qui l’entourent. Le centre-ville n’est toutefois pas des plus jolis, à part quelques chalets et bâtiments du début du siècle.

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C’est à la fin du XIXe siècle que Sinaia a pris son essor : auparavant simple lieu de villégiature pour les notables, elle est devenue une ville à part entière lorsque le roi Carol Ier y a fait édifier son palais d’été, le château de Peleș.

Après la prise du pouvoir par les communistes et le départ en exil du roi Mihai Ier, le château royal est devenu propriété de l’État et a été réservé aux dignitaires du nouveau régime. Il a finalement été ouvert au publié après la révolution de 1989. Aujourd’hui, À la suite de la révolution roumaine de 1989, le château de Peleș, devenu musée et redevenu propriété de l’ancien roi est accessible au public.

Grâce à lui, la ville tire aujourd’hui une grande partie de son activité du tourisme. Moins connu que le château de Bran, surnommé « le château de Dracula » et situé à quelques dizaines de kilomètres, il est plus richement meublé et a été moins « apprêté » pour faire plaisir aux touristes.

Pour se rendre au château de Peleș, il suffit de marcher environ 1,5 kilomètres. Le château est situé dans une zone calme, à la périphérie de la ville.

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Le château a été inauguré en 1883. Il a été construit un style néorenaissance allemand, caractérisé notamment par la présence de nombreuses tourelles et par le travail du bois. Il est possible de se promener librement sur la terrasse et profiter déjà de la beauté du château, mais quitte à être venu si loin, il serait dommage de ne pas entrer… Malgré un prix élevé (11 euros pour la visite complète, 4 euros en plus pour le droit de prendre des photos).

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La visite ne se fait qu’avec un guide et est disponible dans plusieurs langues. Dans mon cas, je choisis l’anglais… Et me retrouve avec un groupe de Roumains et une simple feuille avec une présentation de chaque pièce à la main. Ça fait léger comme visite guidée.

Parmi les 160 pièces que le château possède, on n’en visite bien sûr qu’une partie. Le grand intérêt de la visite est qu’au-delà des boiseries sombres et des décors surchargés, chaque pièce a un style propre : on voyage en Allemagne, en France, en Italie, en Turquie… Le château semble presque avoir été construit comme un musée.

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Les salles d’armes abrite une riche collection d’armes et d’armures, dont une épée de bourreau du XVIe siècle utilisée pour décapiter les nobles et une épée orientale utilisée par les samouraïs pour se faire seppuku.

Le salon de musique, au mobilier en bois de teck et dont les sujets des vitraux sont inspirés des contes roumains, donne envie de s’y poser au coin du feu en sirotant un thé par une froide journée d’hiver. Même si en fait, les cheminées ne sont que décoratives : le château était le premier d’Europe a avoir l’électricité, le chauffage central et l’eau courante. Coup de chance, j’ai la possibilité de visiter le premier étage, qui n’est pas toujours ouvert. On y voit notamment la salle du théâtre, décorée d’une fresque de Gustav Klimt.

Après la visite, je me rends à un jet de pierre de là, château de Pelişor. Il a été construit entre 1899 et 1902 sur ordre de Carol Ier en tant que résidence pour son neveu et héritier, le futur roi Ferdinand, et sa femme, qui deviendra la Reine Marie.

On m’avait prévenu que le style était beaucoup moins grandiose que le château principal et que donc, ça ne valait pas le coût de payer le supplément photo. Erreur !

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La Reine Marie, a qui l’on doit la décoration intérieure, avait un goût certain et j’ai trouvé le style et l’ambiance du palais absolument délicieux. C’est dépouillé mais cosy, avec de superbes peintures Art nouveau, loin des dorures et portraits en cap du château principal.

La Reine Marie, artiste elle-même (le château possède d’ailleurs un atelier de peinture), estimait que l’Art nouveau était la réponse qu’il fallait à un historicisme stérile. Elle n’a pas hésité à créer un style unique dans certaines pièces du château en combinant des éléments Art nouveau avec des inspirations celtiques ou byzantines.

Heureusement, tout le monde n’est pas aussi idiot (ou radin) que moi, et il est possible de voir des photos de l’intérieur du château ici.

Des tableaux de Mucha dans l'escalier. Crédit : Curious Expeditions / FlickR

Des tableaux de Mucha dans l’escalier. Crédit : Curious Expeditions / FlickR

La "salle aux feuilles d'or". Crédit : Curious Expeditions / FlickR

La « salle aux feuilles d’or ». Crédit : Curious Expeditions / FlickR

Je redescend ensuite à la gare, où je prends un billet pour Bucarest, une bière puis le train.

Gareth est le plus grand buveur que j’ai rencontré, mais même lui commence à fatiguer après dix jours de voyage. On se fait donc une soirée tranquille dans un pub du centre ville avant de nous dire « au revoir et à bientôt ». Son prochain voyage est un mega road-trip: New York-Los Angeles-Caracas-Guyane-Haïti-Cuba. Lui et Alistair veulent que je les rejoignent au moins pour la partie cubaine. Désolé les gars, je serai en Italie à ce moment-là. Mais rendez-vous à la Havane en novembre !

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