Jour 2 : Des forts, des tumulus et… le jardin d’Eden ?

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Samedi 12 septembre

Après la théorie hier, au musée national, passons aux visites et allons voir ce que Bahreïn offre aux amateurs de vieilles pierres.

D’abord, le fameux fort de Bahreïn – Qal’at al Bahrain – premier site de l’île classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Comme l’explique très bien l’excellent musée dont il est flanqué, le fort visible aujourd’hui n’est en fait que le dernier avatar d’un lieu qui a longtemps été d’un intérêt majeur pour Dilmun, puis pour Bahreïn. Des traces d’habitations remontant à 2800 avant Jésus-Christ y ont été découvertes.

Une première forteresse, aujourd’hui quasiment disparue, a été construite sous Dilmun, avant de succomber à l’érosion de l’eau. Il n’en reste que les fondations.

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Puis se sont élevées plusieurs villes, dont la grandeur rivalisait avec celle de Babylone, jusqu’à la construction de la forteresse que l’on voit aujourd’hui. Elle a été redécouverte en 1954 par une équipe d’archéologues danois, étonnés de la présence à cet endroit d’un tumulus de huit mètres de hauteur. Depuis, d’importantes fouilles menées par le CNRS ont permis de déblayer la forteresse, tout en laissant enterrés les vestiges des villes les plus anciennes (l’idée étant de d’abord étudier ce qu’on a là et de laisser du travail aux prochaines générations d’archéologues, qui auront peut-être de meilleurs méthodes d’excavations).

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La forteresse a en fait été bâtie en trois périodes différentes, la dernière étant signée des Portugais qui contrôlaient l’île au XVIe siècle.

Difficile de s’y retrouver à l’intérieur, mais quel plaisir de s’y promener, avec vue sur la mer.

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Je retrouve avec plaisir l’air climatisé de la voiture pour quelques kilomètres, le temps de me rendre au temple de Barbar dans le village éponyme. Il s’agit du plus vieux monument de Bahreïn : dédié on ne sait à qui (probablement un dieu en rapport avec l’eau), ce temple a été érigé il y a 5000 ans. Il ne reste aujourd’hui pas grand chose, si ce n’est un puits bien conservé (alors que le site de l’office de tourisme de Bahreïn a mis sur son site une photo super alléchante qui ne vient pas de là).

Notons que tous les Bahreïnis à qui j'ai dit que j'étais allé au temple de Barbar m'ont répondu : "Hein ? C'est quoi ? C'est où ?"

Notons que tous les Bahreïnis à qui j’ai dit que j’étais allé au temple de Barbar m’ont répondu : « Hein ? C’est quoi ? C’est où ? »

Arrêt aux stands. Je déjeune rapidement et fait le plein : le litre d’essence est à 20 centimes d’euros. Ça fait rêver.

Mon arrêt suivant est à A’ali, où se trouvent plusieurs milliers de tombes préhistoriques. En arrivant sur place, on a l’impression de faire face à un phénomène naturel ayant formé des monticules à perte de vue. Mais chacun de ces tumulus cache en fait une chambre funéraire. C’est cela qu’il est (normalement) possible de visiter au musée national. In situ, ce n’est pas le cas.

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Les archéologues estiment à 170.000 le nombre de tombes érigées sur une bande de 25 kilomètres de long entre -300 et l’an 600. Il n’en reste plus que quelques milliers (la grande majorité pillées) ayant survécu à divers endroits dont A’ali, Hamad (où je m’arrête ensuite) et Riffa (où il y a apparemment un musée que je n’ai jamais trouvé).

À Riffa, justement, je m’arrête visiter le dernier fort de la journée : cheikh Salman bin Ahmed Fort.

La forteresse a été construite, en tant que lieu fortifié, à l’époque de la domination de l’Empire perse Séfévide d’Iran, sur Bahreïn, au XVIIe siècle. Puis elle a été transformée un siècle plus tard en résidence pour le souverain de Bahreïn, Isa ibn Ali Al Khalifa, qui a régné jusqu’aux années 1930. Mais là encore, on ne visite que des pièces absolument vides, ce qui rend toute projection difficile : l’émir vivait-il comme un moine ou un pacha ?

Pour finir cette journée chargée, je me rends dans un endroit mythique : l’Arbre de vie. Il s’agit d’un arbre d’une dizaine de mètres de haut, perdu au milieu du désert sur une dune de sable.

Personne n’a encore réussi à expliquer sa survie : il n’y a pas de source aux alentours, et s’il y en avait une, il y aurait d’autres arbres, non ? Certains ont donc avancé l’idée que cet arbre serait le dernier survivant du mythique jardin d’Eden. Selon d’autres légendes, c’était un cadeau du dieu mésopotamien de l’eau Enki.

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Plus terre à terre, une équipe a déterminé que l’arbre est âgé de près de 450 ans et n’a donc rien de mythique. Reste que le mystère de sa survie n’a pas été percé.

Je profite du calme et de la poésie des lieux jusqu’au coucher du soleil, heure à laquelle quelques familles s’installent pour un pique nique.

Il est temps pour moi de rentrer vers Manama, dans un décors digne de Mad Max : à perte de vue, du sable et des puits de pétrole.

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