Jour 2 : Rome, des thermes de Caracalla au quartier Trastevere

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Dimanche 26 avril

Je commence la journée par un monument un peu moins prisé des touristes, les imposantes ruines des thermes de Caracalla.

Inauguré en 217, il s’agissait d’un des plus grands établissements de ce type, qui pouvait accueillir plusieurs milliers de baigneurs en même temps.

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Les ruines ont été dépouillées de leurs marbres, fontaines ou statues (que l’on peut retrouver un peu partout dans Rome et dans les musées de Naples), mais restent imposantes. On passe de chambre en chambre -du chaud au froid- en découvrant l’art du bain chez les Romains.

C’est un vrai voyage dans le passé, et entrer dans la piscine (50 mètres de long !) et y repérer un jeu de table gravé dans le marbre rend le tout très vivant. Les joueurs se sont-ils dit qu’un jour, en l’an 2000, des gens du monde entier pourraient lire les mots gravés à même le marbre ?


Les thermes sont situés un peu au sud du centre-ville. En sortant, je longe le stade Massimo -dont il ne reste pas grand chose, à part la physionomie- jusqu’à la place Bocca della Verità.

Elle se trouve à l’emplacement du forum Boarium, le plus ancien et l’un des plus importants de Rome. On y trouve plusieurs monuments, dont le temple d’Hercule (rond) et le temple de Portunus (rectangulaire). Les deux datent du IIe siècle avant notre ère mais leur transformation en église leur a évité la destruction.

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OLYMPUS DIGITAL CAMERACette place est surtout connue pour l’église Santa Maria in Cosmedin et, surtout, pour la « Bocca della Verità », l’un des symboles de Rome. Cette sculpture du 1er siècle, qui servait probablement de bouche d’égout, a été affublée dès le XIIe siècle d’une légende selon laquelle quelqu’un de malhonnête qui y glisserait sa main la perdrait… Il y a toujours une file de touristes pour tenter l’expérience.

 

Je traverse le pont Palatino pour me rendre dans le quartier Trastevere, qui ici est resté populaire et garde une atmosphère de paisible village. Direction la très jolie et calme église Sainte-Cécile, dont les cloches sonnent midi. Cette petite église baroque, agrémentée d’une agréable cour, a été construite sur l’emplacement de la demeure de la sainte patronne des musiciens.

En m’enfonçant dans le quartier, j’arrive au niveau de l’église Santa Maria in Trastevere, elle aussi réputée pour la beauté de ses mosaïques.

 

Changement d’ambiance ensuite : le coin est extrêmement touristique et n’a plus grand chose de « populaire ». La gentrification a fait son œuvre.

Je m’éloigne toutefois de la foule en montant jusqu’à la place San Pietro in Montorio, où l’on trouve le mausolée de Garibaldi et la majestueuse fontaine de l’Acqua Paola.

De là, j’emprunte le Passegiata dei Gianicolo, qui offre de superbes panoramas sur la ville.

En redescendant, je retrouve le tumulte de la ville par le pont Sisto.

D’abord la place du Campo dei Fiori, où se tient le marché, puis la splendide Piazza Navona, chef d’oeuvre de la renaissance.

Reprenant l’emplacement et la forme d’un stade antique, elle est ornée de la Fontaine des Quatre Fleuves, signée Bernini. Juste derrière s’élève la façade de l’église Sant’Agnese in Agone.

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Par contre, la place est envahie de vendeurs ambulants, avec leurs sacs de contrefaçon et leurs saletés de perches à selfie. À chaque fois qu’un de ces types s’approche en me demandant « selfie? Selfie? » (c’est à dire, toutes les trois minutes), j’ai envie de le lui prendre et de lui fourrer là où le Soleil ne brille jamais.

Bref. Passons.

Ma promenade m’emmène sur une autre place tout aussi animée, celle du Panthéon.

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Et là, c’est une grosse baffe. Le Panthéon, tel qu’il apparaît aujourd’hui, a été construit sous l’empereur Hadrien, entre 118 et 125. Reformulé différemment, ça donne : le Panthéon est le seul monument de l’empire romain qui nous soit parvenu absolument intact.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAEt le hasard faisant bien les choses, ce bijou unique n’est pas n’importe quel temple, puisqu’il a la particularité d’être surmonté d’une coupole en brique de 43,3 mètres de diamètre. Pour vous donner une idée, Michel-Ange, 15 siècles plus tard, s’en est inspiré pour créer la coupole de la basilique Saint-Pierre… sans parvenir à faire aussi large ! D’après les experts, même aujourd’hui, il serait extrêmement difficile de réussir cette prouesse en utilisant les mêmes matériaux.

Incroyable.

En plus, la coupole est percée d’un trou de neuf mètres de large. Heureusement, il y a des trous dans le sol du monument pour évacuer l’eau de pluie…

À peine remis de mes émotions, je m’arrête Piazza Colonna près de la colonne de Marc-Aurèle, élevée en 180, sur le modèle de la colonne de Trajan, puis j’arrive finalement Place d’Espagne, mon objectif depuis le début de la promenade.

Cette place, fort jolie, est connue pour son escalier monumental menant à l’église de la Trinité-des-Monts.

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Il est particulièrement beau, avec les azalées en fleur, mais la perspective est malheureusement gâchée par les échafaudages qui entourent l’église. Je monte néanmoins, et entre me reposer quelques instants dans cette église, qui appartient aux « Pieux Établissements de la France et Lorette ». À ce titre, sa gestion et son entretien sont à la charge de l’État français.

De là, je marche tranquillement jusqu’à la Piazza del Popolo, immense… mais assez vide.

À l’intérieur de l’église Santa Maria del Popolo, les touristes viennent en masse admirer deux tableaux de Caravage et, pour les connaisseurs, des sculptures de Bernini.

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Un dernier arrêt ? Non loin de la Piazza del Popolo se trouve la Piazza Augusto Imperatore. On y trouve le monumental mausolée d’Auguste (le fils adoptif de César), très dégradé et malheureusement entouré de barrières.

Je ne suis pas venu sur cette place pour ça, mais pour l’Ara Pacis (autel de la paix), une superbe enceinte de marbre blanc consacrée en 9 av. J.C., en l’honneur de l’empereur Auguste qui avait restauré la paix dans l’Empire.

Détruit par les âges, le monument a été superbement restauré en 1930 grâce aux fragments retrouvés et comporte de superbes bas-reliefs.

Par contre, il est situé dans un bâtiment, le Museo Ara Pacis, dont l’entrée est de 14 euros. Ça fait mal. Y’a bien une expo temporaire pour faire passer la pilule, mais celle du moment ne m’a pas trop intéressée : il s’agit d’une expo photo sur la construction d’un nouveau quartier de Rome, qui aurait dû accueillir l’expo universelle de 1942 et a finalement servi pour les JO de 1960.

Après ça, alors que je sens des crampes arriver aux mollets, il est temps d’aller dîner.

 

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