Nicaragua : visite express de Léon et sa cathédrale classée à l’Unesco

Posté par

La grande rivale de Granada est la capitale artistique et révolutionnaire du Nicaragua. Sa cathédrale est la plus grande et (paraît-il) la plus belle d’Amérique centrale.

Un peu d’histoire

La ville de Léon est la première ville coloniale du Nicaragua… mais pas la plus vieille. La raison : fondée en 1524, Léon a été construite aux abords du Volcan Momotombo (1280 mètres). En 1610, après une série de tremblements de terre ayant fortement endommagé la ville, l’éruption du volcan a achevé de la faire disparaître sous des mètres de cendre. Pour les commentateurs de l’époque, cette disparition était une punition divine, la ville étant gouvernée par des conquistadors sanguinaires (un spectacle assez fréquent sur la place centrale était le lâcher de chiens affamés sur des indigènes captifs. Ambiance).

Le vieux Léon a été retrouvé en 1967 et est maintenant une zone de recherche et un mini-Pompéi classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Après l’éruption, la ville a ressuscité à 15 kilomètres de là. Et Léon est ensuite entrée dans l’Histoire, pour plusieurs autres raisons. Par exemple, après l’indépendance du pays, alors qu’une guerre civile faisait rage entre Granada et Léon pour savoir laquelle serait la capitale, Léon a engagé le mercenaire William Walker pour prendre Granada par surprise. Ce qu’il a fait. Sauf que ce sudiste américain, plutôt que de remettre les clefs de Granada à ses clients de Léon, s’est autoproclamé président du Nicaragua, avec l’intention d’en faire une colonie à esclaves pour les Etats-Unis. Ça a incité les sœurs ennemies Léon et Granada à s’allier pour mettre fin à ses prétentions. Walker a été arrêté, exécuté, et pour mettre tout le monde d’accord, Managua a été choisie pour devenir capitale du pays en 1852. Ça a résolu le conflit, mais ce n’était pas super malin : construite pile sur une faille sismique, Managua est régulièrement détruite par des séismes (le dernier, en 1972, a fait 11.000 morts et détruit 53.000 bâtiments), ce qui explique qu’il n’y ait rien à y voir.

Autre exemple de l’importance historique de Léon : En 1956, Luis Somoza Debayle, le dictateur du pays (qui a assassiné en 1934 le rebelle Sandino, qui luttait contre la présence américaine dans le pays) est assassiné à Léon par un poète, López Pérez. Le fils de Somoza, qui lui succède, se venge en faisant pleuvoir les bombes sur Léon, ce qui n’empêche pas l’opposition à la dictature de grandir dans cette ville universitaire rebelle : c’est le prélude à la naissance du FSLN (Front sandiniste de libération nationale). Peu puissant au départ, le FSLN gagne le soutien d’une grande partie de la population en 1972, quand Somoza III (c’est une dynastie dictatoriale) détourne l’aide internationale destinée à aider les victimes du séisme à Managua. Après 7 ans de guérilla et deux mois de guerre totale, en 1979, la révolution est victorieuse.

Les murs de la ville portent encore les témoignages de ces évènements.

Un peu de visite

Léon et sa région sont un arrêt quasi-obligatoire pour les touristes visitant le Nicaragua, mais, faute de temps, je n’y passe qu’en coup de vent. Après ma descente en luge du volcan Cerro Negro dans la matinée, j’arrive en ville en début d’après-midi.

C’est sans doute car je n’ai pas eu le temps de visiter proprement la ville que j’en ai une impression mitigée. Comparée à Granada, elle est plus chaotique (certains diront « vivante ») et défraîchie (les mêmes diront « authentique »).

Nous commençons par le parc central, près duquel se trouve la flamme éternelle (présentement éteinte) du Mausolée des héros et martyrs de la révolution. Des fresques représentant l’histoire du pays et de la révolution sont peintes sur les murs aux alentours.

La place est dominée par la cathédrale de Léon, officiellement appelée la Basilique de l’Assomption. Plus grande cathédrale d’Amérique centrale, elle a été construite dans un style baroque à partir de 1747 (c’est la quatrième incarnation de la cathédrale, la première datait de 1610). Les travaux, qui ont duré plus d’un siècle, ont été effectués principalement par des indigènes.

Outre son statut de lieu de culte, la basilique est aussi une sorte de mini-Panthéon, abritant en particulier la tombe de Rubén Darío, le plus grand poète du pays.

Il est possible de monter sur le toit du bâtiment, d’un blanc éclatant, afin d’avoir de belles vues sur la ville et les volcans des environs.

Sur le côté s’élève le palais épiscopal, à l’architecture néoclassique et deux pâtés de maisons plus loin se trouve l’église de la Merced, qui abrite la Vierge de la Merced, icône sauvée de la destruction lors de l’évacuation du vieux Léon en 1610.

Dernier arrêt : le petit parc Rubén Darío, avec une statue de l’auteur et des bustes d’autres poètes originaires de Léon.

Voilà, c’est tout pour cette bien trop courte visite de la ville, qui compte encore une bonne quinzaine d’églises et le plus beau musée d’art contemporain d’Amérique centrale (le Museo de Arte – Fundación Ortiz Gurdían). Malheureusement, nous avons maintenant près de quatre heures de route pour rentrer à Granada, distante de 95 km. C’est l’un des problèmes du Nicaragua : la circulation est un enfer.

Organisé par Nahual Tours depuis Granada
100 dollars (avec la descente du volcan Cerro Negro)
6 décembre 2017

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *