Visite de certains des plus beaux monastères moldaves

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La Bessarabie est une terre riche en églises et en monastères. La plupart sont nés sous forme d’ermitages ou d’églises en bois, avant de s’agrandir, souvent façonnés par le terrain sur lequel ils se trouvent. Troglodytes, perchés sur des collines ou abritant des cascades, leur originalité vient à la fois de leur architecture que de leur rapport à l’environnement.

Souvent ravagés au fil des siècles au gré des invasions, les monastères moldave ont aussi gravement souffert de la période soviétique et de son « athéisme scientifique ». Quand ils n’étaient pas tout simplement abandonnés ou détruits, les sites étaient transformés en hôpital, boîte de nuit ou école. Aujourd’hui, l’église orthodoxe de Moldavie, le gouvernement et la population déploient de gros efforts pour redonner vie à ces lieux de culte.

Le centre du pays concentre le plus grand nombre de monastères remarquables (Curchi, Capriana, Hîncu, Hîrbovăt, Hîrjăuca, etc.), mais le nord – que je n’ai pas eu l’occasion de visiter – en compte aussi plusieurs (Saharna, Ţipova, Orhei Vechi, etc.). Le monastère de Noul Neamţ, en Transnistrie, est quant à lui sous l’autorité de l’église orthodoxe russe.

Le monastère de Curchi

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Plusieurs bus y mènent directement de Chisinau, via Orhei (1h30 environ, 30 lei). Et vice-versa.

La visite

IMG_7238Plus célèbre monastère du pays, Curchi est présenté comme l’un des monuments les plus importants de la Bessarabie. Fondé en 1773, il est vite devenu l’un des plus riches et des plus grands monastères du pays.

Niché dans la forêt d’Orhei et entouré de chênes pluri centenaires, le monastère est visible de loin grâce à son église, la plus haute du pays (57 mètres). Elle a été fortement endommagée pendant la seconde guerre mondiale : un bombardement y a déclenché un incendie qui a emporté la plupart des icônes. Aujourd’hui, elle est d’une beauté à couper le souffle, entièrement recouverte de fresques récemment restaurées. Son aspect est inspiré de l’église Saint-André, à Kiev.

L’église d’hiver, dédiée à Saint-Nicolas, date de 1936-1939 mais n’a jamais été terminée. Elle présente tout de même un bel intérieur.

Le monastère en lui-même a été particulièrement malmené par les soviétiques. Après avoir confisqué les 1000 hectares du domaine forestier, ils ont transformé le lieu en hôpital psychiatrique, après avoir nivelé le cimetière. À sa réouverture, en 2005, le monastère était en ruine. Des travaux de rénovation menés depuis 2006 et toujours en cours lui ont redonné une partie de sa splendeur passée.

Le monastère de Capriana

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Il existe des bus directs de Chisinau à Capriana, mais je ne sais pas d’où ils partent. De la gare centrale, j’ai donc pris un bus vers Straseni (45 minutes, 12 lei), puis un second de Straseni à Capriana (15 minutes, 7 lei). Pour le retour, j’ai pris directement un Capriana-Chisinau, qui est aussi passé par Straseni.

La visite

Considéré comme l’un des plus beaux monastères du pays, Capriana se trouve dans un écrin végétal : la forêt de Codri, qu’il faut traverser pour y arriver. Aujourd’hui réserve naturelle, cette forêt profonde serait à l’origine du nom de Straseni, « effrayant ».

Créé en 1429, sur l’emplacement d’un ancien temple, le site a été reconstruit et agrandi au gré des pillages et invasions, avant d’être fermé par les soviétiques qui en ont fait un hôpital puis un dépôt de marchandises.

La quiétude du lieu est aujourd’hui envoûtante et la balade agréable, entre les bâtiments profanes (réfectoire, dortoir, magasins d’icônes) et les trois églises du lieu. Lors de mon passage, deux sont fermées, et pas un moine en vue pour demander à y jeter un œil. Heureusement, l’église Saint-Georges, joyau baroque, est ouverte. Construite en XX, elle a été rénovée en 2003.

Le monastère Hîrjauca

IMG_7167Y aller

Il y a des bus fréquents entre Chisinau et Calarasi (45 minutes environ, 23 lei) De là, il est possible de prendre un bus vers le monastère, mais ils sont rares. Le plus simple est d’emprunter un taxi à Calarasi et de combiner la visite d’Hîrjauca et d’Hîrbovat.

La visite

Si vous avez l’impression d’avoir déjà vu ce monastère, c’est normal : il est sur les billets de 10 lei. Fondé au milieu du XVIIIe siècle, il a été détruit lors des invasions tatares puis reconstruit au XIXe siècle dans un style néoclassique. Fermé par les soviétiques, il a été transformé en sanatorium : il est situé à l’emplacement de sources d’eaux aux vertus curatives. D’ailleurs, le célèbre sanatorium de Codru se situe à proximité.

Vingt moines vivent aujourd’hui dans ce très vert monastère, où les arbres permettent de supporter la chaleur accablante. L’église, achevée en 1848, a la même structure que la cathédrale de Chisinau. Autour se trouvent les quartiers des moines, ainsi que des bâtiments abandonnés ou en cours de restauration.

Le monastère Hîrbovat

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Il y a des bus fréquents entre Chisinau et Calarasi. De là, le plus simple est d’emprunter un taxi et de combiner la visite d’Hîrjauca et d’Hîrbovat en le faisant patienter.

La visite

Impossible de rater le monastère : dans une région vallonnée et coiffée de forêts séculaires, il apparaît au détour d’un virage au sommet d’une colline, d’une blancheur étincelante.

Lieu aux origines perdues dans l’histoire (XVIIe ? XVIIIe ?), il a été détruit plusieurs fois par les Ottomans et les Tatars puis est devenu entre 1945 et 1960 un refuge pour les moines expulsés d’autres monastères. En 1962, les soviétiques le dévastent, brûlant les livres et archives, profanant les sépultures et emportant les cloches. Ils font du monastère une école pour enfants handicapés et de l’église une étable.

L’église, bâtie en 1816, est toujours en assez mauvais état. Elle est célèbre pour son icône miraculeuse de la vierge. L’église d’hiver, plus petite, est en cours de rénovation. Le site, entouré de jardins et de vignes et situé dans un cadre enchanteur, est agréable à visiter.

Le monastère de Noul Neamţ

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Contrairement aux monastères sus-cités, celui de Noul Neamţ se trouve dans la l’Etat non-reconnu de Transnistrie. Pour y accéder, il faut donc se rendre à Tiraspol, puis prendre un mini-bus pour le village de Chiţcani (pour plus de renseignements, lire l’article consacré à cette visite).

La visite

Le monastère de Noul Neamţ (le nouveau Neamţ) a été fondé en 1861 par un groupe de moines venus de celui de Neamţ, en Roumanie. Ils se sont installés sur l’emplacement d’un monastère pluri-centenaires, fondé avant l’empire ottoman, puis transformé en mosquée avant de redevenir chrétien.

L’institution compte aujourd’hui 21 moines qui vivent en totale autarcie alimentaire. Le lieu a été fermé en 1962 par les Soviétiques, qui l’ont transformé en hôpital. Il a rouvert à la fin de l’URSS.

Le monastère est riche de moult trésors et possède même, une staurothèque, c’est-à-dire un reliquaire contenant ce qui est présenté comme un morceau de la Vraie Croix, sur laquelle a été crucifié Jésus.

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