Visite de la forteresse de Kerak et des vestiges d’Umm er-Rasas (jour 9)

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À mi-chemin entre Amman et Aqaba, la forteresse croisée de Kerak est célèbre pour ses sombres tunnels, unique exemple de l’architecture de cette époque.

Vendredi 3 février

Retour au nord. Après avoir profité de la douceur des rivages de la mer Rouge, la journée sera consacrée à notre retour vers Mabada. C’est déjà la fin de notre séjour.

Nous quittons Aqaba en fin de matinée et roulons trois heures sur la Desert Highway. Elle porte bien son nom, le paysage n’est que pierraille s’étendant jusqu’à l’horizon – avant notre première étape, Kerak.

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P1010475Cette ville, célèbre pour sa forteresse, a été frappée par l’Etat islamique en décembre 2016. Les djihadistes ont fait 10 morts, dont une touriste canadienne. Je ne sens pas si c’est le contrecoup de cette attaque, mais l’ambiance dans la ville est très pesante : personne dans les rues – à part quelques gamins qui nous jettent des pierres – pas un bruit, les restaurants désertés… Kerak a l’allure d’une ville fantôme.

Heureusement, nous n’avons pas l’intention d’y traîner et sommes seulement là pour visiter la forteresse.
Nommée Kerak de Moab ou krak des Moabites (à ne pas confondre avec le krak des Chevaliers, en Syrie), ce château fort a été construit à partir de 1140 par Payen Le Bouteiller. Il est célèbre pour avoir abrité Renaud de Châtillon, dont les exactions attirèrent l’ire de Saladin et, de fil en aiguille, la troisième croisade (j’ai beaucoup résumé).

D’en dessous, la forteresse semble impressionnante et domine complètement la ville, du haut de ses remparts de 20 à 40 mètres de hauteur. Une fois à l’intérieur du site, on remarque vite qu’en fait, il ne reste quasiment plus rien de la forteresse, détruite en 1840 par Ibrahim Pacha.

Seuls subsistent de profonds et imposants tunnels, que les visiteurs sont libres d’explorer à leur guise. C’est l’aspect le plus unique de ce château, il est donc heureux que cette spécificité de l’architecture croisée nous soit parvenue.

Les ruines de Umm er-Rasas

Nous reprenons la route, cette fois à travers un paysage de dunes de sables, que nous n’avions pas encore croisé lors de nos pérégrinations. Même le désert peut réserver des surprises.

Très isolé, les vestiges d’Umm Er-Rasas sont peu visités par les touristes, malgré leur statut de site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Les experts de l’Unesco ont voulu marquer le fait que le site abrite des ruines des civilisations romaines, byzantines et proto-musulmanes. Nous arrivons à l’heure de la fermeture, mais entrons quand même sous le nez du garde, peu préoccupé des horaires.

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Le site est surtout réputé pour les mosaïques de l’église Saint-Etienne, datant de l’an 785 et découvertes en 1986. Son sol est la plus grande mosaïque de Jordanie et est d’un très grand intérêt archéologique, puisqu’elle comporte des représentations des grandes villes de l’époque dans la région : Philadelphie (aujourd’hui Amman), Madaba, Esbounta, Belemounta (Ma’an), Areopolis (Ar-Rabba), Kerak, Jerusalem, Naplouse, Césarée et Gaza.

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Pour le reste, Umm Er-Rasas semble être un site énorme, mais a été très peu fouillé. Si l’on peut faire marcher son cerveau pour imaginer les trésors enfouis qui attendent les archéologues, soyons honnête : c’est pour l’instant un tas de cailloux où il n’y a rien à voir.

Pour la petite histoire, le site fut d’abord un camp militaire romain puis s’agrandit pour devenir une ville à partir du cinquième siècle.Elle a été abandonnée par les Chrétiens à l’arrivée des musulmans.

Cette courte visite terminée, nous arrivons à Madaba. Demain sera notre dernier jour en Jordanie : nous avons décidé d’aller nous baigner dans la mer Morte et de visiter Amman. Ca promet !

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