Jour 14 : Kamakura

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Vendredi 11 octobre

Après deux jours peu intéressants à raconter (le train et l’énième visite à Akiba), je vais me rattraper aujourd’hui avec l’une des villes les plus touristiques de la banlieue de Tokyo : Kamakura. C’est simple, elle est bondée d’occidentaux – alors que dans le reste du pays, les touristes les plus nombreux sont les Japonais eux-mêmes.

Quatre élèves d’un lycée pour filles de Shibuya, en voyage scolaire à Kamakura, m’ont d’ailleurs interviewé devant le grand Bouddha dans le cadre d’un exposé sur le tourisme dans cette ville (et m’ont pris en photo pour l’illustrer, j’en conclus que j’apparaitre avec un t-shirt Peste Noire devant une classe entière, si ça c’est pas de la pub que je fais au groupe…). Elles m’ont demandé d’où je viens, ce que je recherche dans mes voyages, pourquoi j’étais venu à Kamakura (parce que c’est dans le Routard ?) et ce que je comptais acheter comme souvenirs.

L’une des raisons qui explique cet intérêt de la ville est d’abord sa facilité d’accès : une heure de train depuis Tokyo pour 900¥, là où un aller simple pour Nikko coûte 5.500¥. D’ailleurs, précision qui pourra aider certains : le Kamakura Enoshima Free Pass, cité notamment dans le Routard, ne peut plus être acheté en gare de Shinjuku, seulement dans celle d’Ofuna (y’a d’ailleurs pas mal d’infos périmées dans ce guide).

La ville de Kamakura descendant en pente douce vers la mer, je descends à la gare de Kita-Kamakura (au nord), afin de visiter les points d’intérêt dans l’ordre jusqu’à la mer.

Le premier est le temple Engaku-ji. Il a été construit au XIIIe siècle par le maître zen Tokimune pour remercier les dieux de la victoire japonaise sur les Mongols et rendre hommage aux soldats tombés pour les deux camps. Tout en longueur sur une colline, le temple se compose de plusieurs pavillons, dont l’un contient une relique (une dent) de Bouddha. Ce dernier n’est visitable que quelques jours par an (grosso modo, pendant la Golden Week et à Noël).

OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERAOLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERAA quelques centaines de mètres se trouve le petit temple Tokei-ji. Il a été fondé en 1285 et est devenu un endroit où les femmes pouvaient se réfugier car, à l’époque, pour pouvoir divorcer, elles devaient obtenir l’autorisation de leur mari. Certains temples importants avaient acquis un privilège d’extraterritorialité, ce qui signifie que ceux qui y résidaient étaient absous de leurs péchés. Tous les temples ont perdu ce privilège durant la période Edo, sauf celui-ci, ce qui montre son utilité. Le temple a perdu son rôle de sanctuaire en 1871, mais en mai 1873, la « loi Tokei-ji » a permis aux femmes de pouvoir demander le divorce par elles-mêmes. Le « temple du divorce » est maintenant devenu le « temple des fleurs » et possède un jardin à visiter au printemps. Là, en automne, c’est pas le plus intéressant.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERAJe continue ma descente jusqu’au temple Kencho-ji, fondé en 1253. Il a un peu la même forme que le Engaku-ji, en longueur avec des pavillons qui se succèdent, mais est à la fois plus sobre et plus impressionnant. Certains bâtiments ont été démontés pièce par pièce et transportés ici de Tokyo et Kyoto. Dans le pavillon Hatto, une statue de Bouddha squelettique et en pleine méditation a été forgée au Pakistan.

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Le jardin zen du temple.

Le jardin zen du temple, qui a la particularité d’être liquide.

Un kilomètre plus au sud, en lisière du centre-ville de Kamakura, on arrive au sanctuaire de Tsurugaoka Hachimangu. Contrairement aux trois temples précédents, qui étaient bouddhiques, celui-ci est un sanctuaire shintô (j’aurais peut-être dû vous le dire avant, mais c’est pour ça que je parle parfois de temples, parfois de sanctuaires).

Ce sanctuaire a presque un millénaire, puisqu’il a été fondé en 1063. Arrivant du nord, je le traverse à l’envers, mais normalement, on y entre par le sud en passant sous un grand torii puis en traversant un pont qui enjambe deux étangs, à gauche et à droite du sanctuaire. Du parvis, on prend alors de longs escaliers qui mènent au sanctuaire principal, dont le bâtiment date de 1823.

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J’aime bien les sanctuaires shintô, ils sont souvent très vivants, avec de petites échoppes qui vendent de la nourriture. Celui-ci ne fait pas exception.

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Une miko, prise grâce à mes talents de paparazzi et mon objectif x12.

Une miko, prise grâce à mes talents de paparazzi et mon objectif x12.

En sortant (par l’entrée, puisque je suis arrivé dans le sanctuaire par l’arrière), j’emprunte une allée bordée de cerisiers, longue d’un kilomètre. Les imaginer en fleur me donne forcément envie de revenir.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAParallèle à cette allée se trouve une rue piétonne noire de monde, où je profite d’être tout seul (Alexander, qui est resté à l’hôtel aujourd’hui, n’aime pas le poisson) pour m’accouder au comptoir d’un sushi bar. Je m’explose le ventre d’excellents sushis pour trois fois rien (de 80 centimes à 3,70€ la paire de sushis, en fonction du poisson).

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Dans un sushi bar, les assiettes défilent sur un tapis roulant. On prend celles qui nous intéressent, et on paye à la fin en fonction du nombre et de la conleur des assiettes.

Dans un sushi bar, les assiettes défilent sur un tapis roulant. On prend celles qui nous intéressent, et on paye à la fin en fonction du nombre et de la conleur des assiettes.

Après cela, je traverse le centre-ville (sans intérêt) pour descendre jusqu’à la plage. Pour le Breton que je suis, elle n’a pas grand intérêt non plus, mais ça fait toujours un bien fou de se retrouver face à un océan et de se prendre les embruns dans la figure. 

OLYMPUS DIGITAL CAMERAJe me dirige ensuite vers le Grand Bouddha, une statue en bronze de 11,4 mètres de haut et de 122 tonnes. Construite en 1252, elle en a vu passer des typhons, tsunamis, tremblements de terre et incendies ! C’est la deuxième statue de Bouddha la plus haute du Japon, après celle de Nara, et une des raisons pour lesquelles tant de touristes se déplacent jusqu’ici. C’est d’ailleurs devant la statue que les lycéennes m’ont posé leurs questions, dans un anglais impeccable (eh oui !).

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Après la statue, dernière visite de la journée, alors que le soleil se fait bas sur l’horizon. Le temple de Hase Dera. Tout en hauteur, c’est un des plus beaux temples que j’ai vu au Japon. Ses jardins, en particulier, sont splendides.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERAKannon, la déesse de la compassion, est représentée dans le pavillon principal, avec une splendide statue aux reflets dorés. Avec ses 9,18 mètres de hauteur, c’est la plus haute statue en bois du Japon.

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En entrant, je réalise un rituel japonais et tire une Omikuji, une feuille de papier contenant une sorte d’horoscope. Et c’est pas très bon. J’ai peut-être tout compris de travers, mais en gros j’ai l’impression que ça dit que je vais devoir surmonter moult malheurs et épreuves, que la personne que j’attends tardera à arriver (ça j’avais remarqué, merci) et que si j’avais été malade, je n’aurais pas guéri (ou que si je connais un malade, il ne guérira pas ?)

Wow. Heureusement que je suis en pleine forme, sinon j’aurais cru que Kannon m’en veut personnellement, alors que je lui ai rien fait moi, je suis un bon chrétien ! Le papier me conseille de prier Tendoh, le Soleil, pour m’aider. Je vais bien en avoir besoin =

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La vue depuis le temple.

Après tout ça, c’est exténué que je reprends le train pour Tokyo, et ma dernière soirée au Japon. Demain soir, il sera temps de se diriger vers l’aéroport. Mais d’ici là, j’aurai bien le temps de visiter un dernier quartier…

A la base, j’avais prévu d’aller en boîte de nuit (je me souviens plus si je vous l’ai déjà dit ou pas), mais je suis trop fatigué pour cela. En plus, je ne parle pas Japonais, alors si c’est pour m’ennuyer tout seul avec mon verre, c’est pas la peine (ça me rappellerait trop de souvenirs de la fac, quand j’étais capitaine de soirée).

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