Jour 2 : Des palais royaux aux marchés de Séoul

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Mardi 16 juin

Ils ont tous des noms qui se ressemblent, mais ont une histoire différente : après le Palais Gyeongbokgung, visite aujourd’hui des palais Deoksugung et Gyeonghzuigung. Et d’endroits plus modernes, tout de même.

Chaleur, décalage horaire : la nuit a été courte, mais me voilà suffisamment reposé pour attaquer cette nouvelle journée. Un excellent et très copieux petit-déjeuner coréen me permet de prendre des forces avant de sortir.IMG_6289

En une station de métro, j’arrive au Palais Deoksugung (Palais de la longévité vertueuse).

Il s’agit du plus petit des palais royaux de Séoul, et pour cause : lorsqu’il fut construit, au XVe siècle, il ne devait être qu’une résidence princière. Cela lui a évité de brûler (contrairement aux autres palais) lors de l’invasion japonaise de 1592. Le roi Seonjo, de retour à Séoul en 1593, s’y est installé le temps de se faire construire un autre

La plupart des bâtiments que l’on voit actuellement datent de 1906, suite à un incendie ayant ravagé les lieux deux ans plus tôt.

Après être passé sous la porte Daehanmun, on arrive dans un petit jardin qui mène, sur la droite, à divers pavillons administratifs et en face à une porte plus petite donnant sur la salle du trône, seul bâtiment royal à deux étages qui nous soit parvenu de cette époque.

 

Le fond du parc possède un jardin à l’européenne donnant sur un bâtiment néo-classique européen construit en 1909. On y trouve le Musée royal (a priori fermé) et le Deoksu Palace Art Museum, qui présente des expositions d’art contemporain. Jung Takyoung est à l’honneur en ce moment.

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Une promenade dans le quartier me permet d’apercevoir plusieurs églises, ainsi que l’école fondée par les missionnaires. Saviez-vous qu’entre un quart et la moitié de la population est chrétienne ? Le christianisme est pourtant arrivé sur la péninsule il y a seulement 200 ans et a été durement persécuté tout au long du XIXe siècle.

J’arrive au Palais Gyeonghzuigung (Palais de la félicité resplendissante), qui était situé vers la porte ouest de la ville. Construit en 1616, il a servi de palais auxiliaire avant de quasiment disparaître dans un incendie en 1829. Les Japonais ont fini le travail à leur arrivée, démontant ou déplaçant les bâtiments restant pour y construire un lycée.

Il ne reste donc plus grand chose du palais d’origine (en fait, rien à part la terrasse en dalles) mais le gouvernement essaye ici aussi de reconstruire des bâtiments.

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Alors que je fais le tour du propriétaire, quelque chose que j’ai remarqué depuis hier me frappe : il n’y a personne. Littéralement. Que ça soit sur les lieux touristiques, comme les palais, ou simplement dans la rue, c’est très calme. « C’est à cause de l’épidémie, tout le monde reste chez soi », m’expliquera un Coréen. Il s’agit d’une épidémie de coronavirus MERS-CoV (Middle East Respiratory Syndrome coronavirus). Entre le 20 mai et le 17 juin, elle a affecté 162 personnes et fait 19 morts, nous apprend l’APM (Agence de presse médicale).

À quelques dizaines de mètres du palais, dans le même parc, se trouve le Musée d’histoire de Séoul. Très bien fait et avec d’amples explications en anglais, il permet de mieux comprendre l’histoire mouvementée de la ville.

Avant de devenir une mégalopole de 11 millions d’habitant (23 en comptant la banlieue), la ville a en effet dû renaître de ses cendres de nombreuses fois. Sans remonter jusqu’à l’époque Joseon (je vous ai déjà parlé des incendies et des Japonais), la ville était au tout début du XXe siècle dans un état d’insalubrité total. Des dizaines de milliers de maisonnettes en bois cohabitaient le long de ruelles étroites, tel un village moyenâgeux étiré sur des kilomètres. Les Japonais ont été les premiers à y tailler des avenues et à la développer, non sans opérer des destructions importantes sur les monuments coréens.

Après avoir souffert pendant la seconde guerre mondiale, Séoul relevait à peine la tête quand elle a été entièrement rasée pendant la guerre de Corée. Jusqu’aux années 1970, on y trouvait encore des bidonvilles jusqu’à ce qu’un grand programme de construction soit lancé… Culminant avec les Jeux olympiques de 1988.

La ville est donc toute récente et a dû s’accommoder dès cette époque de ses millions d’habitants, ce qui explique que peu de quartiers aient une atmosphère particulièrement marquée.

C’est dans l’un de ceux-là que je me rends pourtant après cette visite. Le « village hanok » de Bukchon, situé au nord de la ville, est un quartier comprenant un très grand nombre de maisons traditionnelles coréennes (hanok). Lors de la frénésie immobilière des années 1960-1970, ses habitants se sont battus pour sauvegarder et réhabiliter ce patrimoine. Avec succès : c’est aujourd’hui un endroit magnifique, très à la mode, mais étonnamment sauvegardé des ravages du tourisme de masse. Ici, on peut visiter des ateliers, enfiler des costumes traditionnels ou boire un thé, sans être envahi de babioles made in China.

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La promenade est superbe et les différents points de vue sur les toits ou la ville valent le détour. Vieux de 600 ans, ce village coincé entre deux palais permet de se représenter le Séoul d’autrefois, celui d’avant la colonisation… et surtout d’avant la guerre de Corée.

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Le reste de la journée est plus tranquille. Je commence par marcher vers la porte de l’est, Dongdaemun, dont la particularité et d’être en forme de demi-cercle, ce qui obligeait les personnes roulant entrer à faire deux tours (et donc à se faire contrôler).

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Non loin se situent deux grands marchés, Kwangjang et Dangdaemun, mais eux aussi souffrent de la psychose autour du coronavirus. Il n’y a pas grand monde et beaucoup d’étals sont fermés.

Je descends ensuite au marché de Yongsan, le « monde de l’électronique », une sorte d’Akihabara coréen. Je trouve bien la galerie marchande dédiée aux jeux vidéo, mais ne trouve rien qui m’intéresse… Ce fut donc un trajet pour rien.

Sur ces entrefaites, je remonte donc à un autre marché, le plus grand de Séoul, « ouvert toute la nuit » : Namdeamun. Las, c’est également désert. Ça commence à être casse-pieds cette histoire de coronavirus : ok, ça me permet de visiter les sites touristiques tranquillement, mais si je rate toute la vie nocturne, pas sûr que je gagne au change.

J’achète donc une bouteille d’alcool pour aller boire avec mes hôtes. Au moins, c’est sans risque.

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