Jour 5 : De Rome à Naples

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Mercredi 29 avril

J’ai le temps de faire une dernière visite avant de prendre mon train pour Naples, à 12h36 : le musée national du Palazzo Massimo, qui se trouve juste en face de la gare (celui qui était fermé lundi).

J’hésitais entre ce musée et le château Saint-Ange, mais c’était plus simple de venir ici. Je ne le regrette pas, vu sa qualité.
Au premier niveau sont exposées quelques bustes et sculptures, avec des explications sur les coiffures en vogue à l’antiquité. C’est amusant, on en parle assez peu finalement.

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Dans le sous-sol, une très intéressante collection de monnaies, allant du Ier siècle avant notre ère jusqu’aux euros. La qualité de conservation de certaines pièces bimillénaires est incroyable, comme si elles avaient été frappées hier.

Le deuxième niveau du musée est consacré aux mosaïques et peintures. Et il est absolument incroyable. Une grande partie de l’étage présente des fresques découvertes à la fin du XIXe siècle à l’occasion d’un chantier dans une villa qui aurait appartenu à un proche d’Auguste (construite probablement en -29).

Il s’agit des « plus belles peintures jamais découvertes à Rome », avait estimé l’un de ses découvreurs. Et pour cause, ce sont des murs entiers qui ont été magnifiquement conservés.

Les mosaïques présentées ici sont, elles aussi, d’une qualité exceptionnelle. Clairement, je regrette de ne pas avoir énormément de temps pour m’y attarder ; c’est l’un de mes coups de cœurs romains.


Je monte ensuite dans un train en direction de Naples. Deux heures de trajet dans l’un de ces trains conçus pour des Hobbits, à côté d’un couple peu au fait de quelques règles civilisationnelles :

– se bécoter, ça se fait dans un lieu plus privé
– quand on veut causer une demi-heure au téléphone avec sa mama sourde, on le fait sur la plateforme entre deux voitures
– il n’est pas nécessaire de crier pour parler à quelqu’un assis sur le siège d’en face
– sur deux heures de trajet, il est tout à fait envisageable de se taire cinq minutes, bordel.

A Naples, j’ai aussi réservé dans un b&b, Robby’s House, situé en plein centre, à une dizaine de minutes de marche de la gare.

Cette courte distance me suffit pour comprendre le désamour que subit cette ville. C’est moi, ou bien il s’agit de la ville européenne la plus mal gérée ? Non seulement elle est d’une saleté indescriptible, mais en plus, la circulation est tellement chaotique que je crains pour ma vie à chaque fois que je dois traverser une rue.

Le centre historique est composé de ruelles très étroites, que personne n’a jugé utile de rendre piétonnes…

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« Si vous avez survécu à Rome, vous survivrez à Naples », me dit Robby à mon arrivée chez lui. Je lui réponds que je n’en suis pas certain. « C’est vrai que c’est une ville chaotique, et la plus bruyante d’Italie », me dit-il.

Ma première visite compensera tous ces désagréments.

Je commence en effet par me rendre à la chapelle de Sansevero, une merveille maçonnique du XVIIIe siècle. Elle est célèbre pour son incroyable Christ voilé, de Guideppe Sanmartino.

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Mais c’est surtout l’allégorie de la Modestie, d’Antonio Corradini, qui attire mon retard. Jamais je n’avais vu de si belle sculpture. Le rendu de l’étoffe est si réaliste que je n’arrive pas à croire que ce n’est pas du tissu, et dois me retenir pour ne pas tenter de la soulever (c’est interdit, tout comme de prendre des photos. Celles-ci viennent d’ici).

Dans le sous-sol de la chapelle se trouvent aussi deux squelettes humains, avec tout le système sanguin autour. Bizarre… Et étonnant : la connaissance anatomique de l’alchimiste Raimondo di Sangro était très en avance sur son époque.

Je descends ensuite dans la basilique gothique de Santa Chiara, détruite lors d’un bombardement allié en 1943 et reconstruite dans la foulée. Commencée en 1310 et achevée en 1328, elle est le plus grand monument gothique de la ville. C’est ici que se trouve la tombe du roi Robert Ier de Naples (XIVe siècle) et que le corps de son épouse Sancia a été déposé. Ils y ont été rejoints au début du XIXe siècle par les rois de Naples et de Sicile, qui en ont fait leur lieu de sépulture pour eux et la famille royale.

Juste devant se trouve l’obélisque Guglia dell’Immacolata, édifié au XVIIIe siècle. Selon la légende, il a été sculpté de telle sorte qu’en fonction de la lumière, des figures représentant la mort apparaissent en jeu d’ombre…

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Sur la même place, on trouve l’étonnante église Del Gesù Nuovo. Derrière une austère façade du XVe siècle, seul reliquat d’un palais jésuite qui existait à cet emplacement, s’ouvre un bel édifice baroque. L’église a été fortement endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, à cause de frappes aériennes. Une des bombes a traversé le plafond de la nef sans exploser. Elle est aujourd’hui exposée à l’intérieur.

En remontant, je m’arrête à l’église San Domenico Maggiore, mais une messe est en cours. Juste devant, on trouve un autre obélisque, la Guglia di San Dominico, du XVIIe.

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Je termine ce rapide tour du centre historique par une visite de la cathédrale, qui présente un grand mélange de styles, au gré des reconstructions et agrandissements qui ont rythmé les siècles. On y trouve des fresques du IVe siècle jusqu’au XVIIe, comme celle que Giovanni Lanfranco réalisa pour la coupole de la chapelle Saint Janvier.

Saint Janvier qui a lui aussi son obélisque, derrière la cathédrale. C’est suite à cet affront que les Dominicains ont érigé celui de Saint-Dominique, mentionné plus haut. Pour éviter une guerre de religion en ville, le pape décréta que les deux bonhommes seraient promus saints patrons de Naples.

Ma promenade s’arrête ici : une migraine me vrille la tête depuis ce matin, je vais donc me reposer. Ce fut tout de même une journée pleine d’émotions, non ? J’aurais pu apporter mon dictionnaire de synonymes : je commence à manquer de superlatifs…

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