Une visite de Chemnitz, le charme de l’Allemagne de l’Est

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La ville est-allemande de Chemnitz, appelée « Karl-Marx-Stadt » du temps de la RDA, est en pleine renaissance mais conserve des caractéristiques typiques de cette époque révolue.

Située entre Leipzig et Dresde, au cœur de la Saxe, la ville de Chemnitz (250.000 habitants) n’est pas vraiment un centre touristique. Si je n’avais pas dû me rendre à Hartmannsdorf pour le travail, je n’y aurais sans doute jamais mis les pieds, malgré les deux lignes dans le Petit Futé mettant en avant « la plus grande tête de Karl Marx du monde ».

Mais puisque j’y suis, autant que je vous en parle un peu, d’autant que certains lecteurs de ce site (ils se reconnaîtront) ont un faible pour l’architecture soviétique.

Le premier aspect marquant de Chemnitz (centre économique majeure, elle fut entièrement rasée en 1945 par les Alliés) est sa construction typique des villes soviétiques : le centre-ville mélange sans complexe vieux bâtiments historiques et barres HLM multicolores. C’est d’ailleurs l’une des dernières villes où c’est encore le cas : contrairement à Berlin ou Leipzig, par exemple, il y a eu assez peu de démolitions-reconstructions depuis la réunification. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Tiraspol en y arrivant.

Pour autant, la ville est aussi surnommée « le dernier centre-ville d’Allemagne », de très importants investissements étant en cours depuis 1999 pour revitaliser le centre-ville et y attirer une population qui a eu tendance à déserter cette partie du pays. Plusieurs galeries commerciales signées de grands architectes sont ainsi sorties de terre ces dernières années : le Kaufhof Department Store (signé Helmut Jahn), la Galerie Roter Turm (par Hans Kollhoff) et le magasin Peek&Cloppenburg (par Ingenhofen and Partner).

Le monument le plus important et le plus insolite de la ville reste néanmoins la tête de Karl Marx – surnommée « Nischel » ou « Charlie » – une protubérance en bronze de sept mètres de hauteur, inaugurée en 1971, qui résiste pour l’instant aux velléités des autorités de s’en débarrasser. Si vous vous posez la question : non, Karl Marx n’a aucun rapport avec la ville et n’y a jamais mis les pieds. Ça n’a pas empêché Chemnitz d’être rebaptisée Karl-Marx-Stadt entre 1953 et 1990.

Quelques autres vestiges de l’époque peuvent aussi être repérés, à l’instar des deux statues typiques de l’art réaliste soviétique installées au-dessus de l’entrée du commissariat central.

Du côté des bâtiments historiques, citons la « Tour Rouge », qui est tout ce qui reste des remparts du quatorzième siècle qui enserraient la ville, ainsi que le bel hôtel de ville du quinzième siècle.

La ville compte d’autres centres d’intérêt, comme l’opéra ou un Musée de l’industrie, mais je n’ai pas eu le temps d’y aller. Il y a même un petit Kosmonautzentrum au centre du Küchwald, l’un des deux grands parcs de la ville.

Le château de Klaffenbach

Un peu plus au sud, ce « château entouré d’eau » (Wasserschloß, à ne pas confondre avec un château d’eau, qui se dit Wasserturm) est un charmant lieu de promenade prisé des habitants.

Construit entre 1555 et 1560, ce château renaissance a été utilisé par les nazis dans les années 1930 (ils y ont installé une section féminine du Reichsarbeitsdienst) puis a servi de maison de redressement pour filles pendant la RDA. Aujourd’hui, on y trouve des salles d’exposition et une petite chapelle pour des mariages. Le domaine compte aussi des chambres et restaurants, histoire de tout faire au même endroit : la cérémonie, la réception et les photos de mariage. Il y a aussi un club de golf, un atelier d’orfèvrerie et le Musée saxon de l’automobile.

Aux environs de Chemnitz : le (minuscule) château de Rabenstein

Situé en banlieue de Chemnitz, le château de Rabenstein est le plus petit château médiéval de Saxe. Fièrement posée sur un piton rocher, cette imposante construction d’au moins 40 mètres de haut a été construite quelque part entre 1100 et 1200. Il est mentionné pour la première fois dans un document de 1336 : à l’époque, il était plus grand que maintenant et était entouré de 180 mètres de remparts.

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