Jour 1 : Arrivée dans la réserve du Masai Mara

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Pour mon premier séjour en Afrique subsaharienne, j’ai choisi de me rendre au Kenya, pour un safari d’une semaine.

P1020090Je suis accompagné pour ce voyage par mon fidèle acolyte Jean, rencontré il y a maintenant près de quatre ans en Islande. Pour lui aussi, le Kenya est une première et nous sommes tous les deux ravis de pouvoir fouler le berceau de l’Humanité et peut-être d’apercevoir les Big Five : lions, léopards, éléphants, rhinocéros et buffles.

Après neuf heures de vol sur Kenyan Airlines, nous arrivons à Nairobi dans la soirée du 9 janvier. Juma, qui sera notre guide, et Ibra, notre chauffeur, nous attendent à l’aéroport pour nous conduire à notre hôtel.

Ils travaillent pour une société francophone basée à Mombassa, Safari Kenya Magique, dont le directeur, Rashid, est loué pour sa gentillesse et son professionnalisme. C’est avec lui que nous (enfin, surtout Jean) avons défini le programme de la semaine, en fonction de nos envie et de notre budget (1400 euros pour sept jours par personne).

Vous le verrez dans les différents articles sur ce séjour : tout a été parfait de A à Z. Juma nous a ravis avec son humour et sa connaissance de la faune et de la flore et Ibra nous a impressionné par sa maîtrise du véhicule et son regard acéré. C’est donc une agence que je recommande les yeux fermés.

10 janvier 2016

Le jour se lève assez tôt au Kenya : 6h. En contrepartie, il se couche assez tôt, puisqu’il fait nuit dès 18h30.

Nous ne traînons donc pas et, après un petit déjeuner au son de chants religieux traditionnels, nous quittons Nairobi à 6h30 pour nous rendre vers Masai Mara.

Nous partons rapidement tout simplement car Nairobi a très peu, voire pas du tout, d’intérêt. Il s’agit d’une mégalopole née il y a un siècle, complètement par hasard (lors de la construction de la ligne de chemin de fer Monbassa-Ouganda, le chantier s’est heurté à la vallée du Rift et les experts et ouvriers se sont installé là le temps de trouver une solution pour avancer le chantier) et sans monuments majeurs. En plus, puisque nous n’avons que sept jours sur place, nous préférons profiter à fond du safari.

En sortant de Nairobi, nous longeons Kibera, considéré comme le plus grand bidonville d’Afrique : plus d’un million de personnes y vivent.

La réserve de Masai Mara se trouve à environ cinq heures de route de la capitale. L’occasion pour Juma de nous donner de nombreuses informations sur le pays, sa faune et sa flore.

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C’est surtout la flore qui pour le moment me fait réaliser que nous sommes bien en terre (pour nous) inconnue : quelle émotion de voir ces vastes plaines couvertes d’acacias parasols ! Les euphorbes sont aussi particulièrement exotiques, avec leur forme de candélabre.

Notre premier arrêt, après une heure de route, nous permet de profiter d’un panorama sur la vallée du Rift, qui a fendu l’Afrique sur plus de 7000 kilomètres il y a 25 millions d’années… C’est ce bouleversement qui aurait conduit des singes un peu plus malins que d’autres à descendre de leur arbre pour trouver à manger. La suite, vous la connaissez…

D’ici, nous voyons le Mont Longonot, un volcan éteint, le Mont Margaret et la station satellite distribuant les chaînes de télévision du pays. Nous sommes en pleine « saison des petites pluies », le ciel est donc chargé… C’est dommage, mais au moins ça nous évite de mourir de chaud dans notre minibus.

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Au bout de trois heures, nous basculons sur une piste, où les animaux se font bien plus nombreux. Nous croisons bien sûr des Masaïs qui font paître leurs chèvres et vaches (ils sont faciles à repérer, car ils portent traditionnellement des couleurs très vives : rouge, orange, jaune), mais aussi des antilopes, des zèbres, des gnous et… des girafes ! Je n’ai pas pu m’empêcher de m’exclamer comme un gosse « y’a une girafe ! » en apercevant la première du voyage.

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Finalement, après 6h15 de route (la piste étant mauvaise), nous arrivons à notre campement, en bordure de Masaï Mara. Il est possible de loger à l’intérieur même du parc, mais ça coûte au minimum trois fois plus cher (300$ la nuit), on se contente donc de rester à trois minutes de l’entrée.

L’Enchoro Wildlife Camp est vraiment chouette, avec des tentes spacieuses et tout confort : toilettes, douches, lits, moustiquaires…

Notre premier tour de safari commence à 16h, nous commençons donc par déjeuner avant de nous promener dans les environs.

Derrière le camp, outre un paysage superbe, nous tombons sur des enfants ravis de découvrir les photos sur mon téléphone : pointe du Raz, Mont Saint-Michel, Disneyland… Toutes les 3 secondes, j’ai le droit à « What’s that? » ou « Who’s that? » Quand je leur explique que la chapelle Notre-Dame du Kreisker (l’un des plus hauts monuments gothiques) est une église – la population du Kenya est à 80% catholique – ils ne peuvent retenir un cri d’admiration.

Puis vient le début de l’émerveillement. A 16h, nous reprenons notre van transformé en « van à safari » avec toit ouvrant et entrons dans la réserve nationale Masaï Mara.

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Le toit ouvrant permet de se tenir debout dans le van et donc de ne pas voir les animaux à travers une vitre.

La réserve s’étend sur 1500 km², dans le prolongement de l’immense (15.000 km² !) parc tanzanien du Serengeti. Cette réserve est la plus connue du Kenya, la plus fréquentée, mais surtout – parait-il – la plus belle et la seule où l’on peut voir tous les Big Five.

Dès les premiers mètres dans la réserve, c’est un paysage digne d’Out of Africa (et pour cause, il a été tourné ici) qui s’offre à nous et nous coupe le souffle. Nous avons l’impression d’être à l’aube de l’humanité et rapidement, un troupeau d’antilope nous rappelle que nous sommes sur un territoire où les animaux sont rois.

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La chance nous sourit puisque à peine 15 minutes après notre arrivée, nous distinguons un léopard assis sur un rocher. Notre premier des Big Five est relativement rare. Solitaire, le léopard est un excellent grimpeur et sauteur et a la particularité de hisser ses proies à la fourche d’un arbre pour les mettre hors de portée des autres prédateurs. Le nombre de léopards est en baisse, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui classe l’espèce comme quasi menacé.

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Quelques centaines de mètres plus loin, un autre spectacle incroyable : trois lionceaux et leurs deux parents sont tranquillement en train de dormir, pas gênés le moins du monde par notre présence à trois mètres d’eux. Les animaux sont en effet habitués aux vans, qu’ils voient comme des espèces de gros trucs blancs inoffensifs. Par contre, les animaux ne sont pas habitués aux humains (qu’ils voient comme des tas de viande faciles à attraper), il est donc formellement interdit de sortir des véhicules. Par sécurité et pour ne pas perturber la faune.

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Nous continuons notre promenade et croisons gnous, antilopes, lions et girafes. Si graciles, si majestueuses ! Il y a trois types de girafes au Kenya : les Masaï, qui ont des taches en forme de feuilles ou d’étoiles, les girafes réticulées (avec des formes géographiques) et les girafes Rothschild (avec des chaussettes jaunes). Ici, il n’y a que des girafes Masaï.

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Pendant deux heures, nous ne cessons d’être émerveillés par cette beauté naturelle quasiment vierge qui nous entoure et par le sentiment incroyable d’être au cœur de cette faune que l’on ne croise que dans les livres. Ou pire, dans les zoos.

Vautours, chacals, grues royales, oies d’Égypte… L’œil avisé de Juma nous permet aussi d’apercevoir des animaux un peu plus petits mais non moins superbes.

Cerise sur le gâteau, alors que nous sommes en route vers la sortie, nous tombons sur un groupe d’éléphant, et assistons à une tentative ratée d’accouplement. Madame ne voulait pas. Nous voyons aussi, à nouveau, des lionceaux en train de se prélasser sur un rocher, sous l’oeil plus ou moins endormi d’une lionne. Heureusement qu’elle est là, car ils sont tellement choux qu’on en ramènerait bien un à la maison…

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C’est avec un sourire jusqu’aux oreilles que nous regagnons notre camp de base. « Ce n’est que le premier jour, il y a encore beaucoup à voir », s’amuse Juma.

Seul indice : demain, nous devrions voir des hippopotames.

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