Jour 6 : Journée détente à Pyongyang, du stand de tir à l’unique pizzeria du pays

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Dimanche 10 août

Mlle Pang, 9h : « Savez quel jour on est aujourd’hui ? C’est l’anniversaire de Morgan ! »

Yeah ! Merci !

(Note : Vu qu’on m’a posé la question : oui, les guides conservent nos passeports durant tout le séjour)

Pour fêter ça, on fera cet après-midi une activité qui n’était pas prévue au programme, mais dont je m’étais enquis de la faisabilité auprès de M. Pak il y a quelques jours….

Pour la première fois depuis notre arrivée, il pleut (comme le jour de ma naissance).

Pour la première fois depuis notre arrivée, il pleut (comme le jour de ma naissance).

Mais avant, nous revoilà sur les routes de campagne, entre les champs de riz et de maïs. Le pays produit aussi des betteraves, des pommes de terre et du blé. Les villages sont regroupés en « fermes coopératives », mais chaque fermier dispose d’un potager personnel de 50m² devant sa maison.

Chaque été pendant dix jours et une semaine en automne, les citadins doivent aller prêter main-forte aux fermiers. Chaque université ou entreprise est liée à une ferme coopérative et y envoie ses étudiants/salariés.

Notre première visite est l’orphelinat de Nampo (ville de 300.000 habitants, comme à peu près toutes les villes provinciales de RPDC).

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Cet établissement a été institué en 1996, juste après les années de famine qui ont ravagé le pays. Il a été agrandi en 2002 et compte maintenant 160 enfants de 0 à 5 ans.

C’est vraiment un chouette moment, les enfants sont adorables. C’est sans doute un peu trop parfait : la jolie jeune femme à l’accordéon, les enfants qui dansent et jouent… Cela fait vraiment carte postale. J’aime à espérer que ce que nous avons vu correspond un tant soit peu à la réalité quotidienne.

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L’arrêt suivant est une ferme collaborative. Elle couvre 1500 hectares et emploie 1000 personnes. Kim Il Sung l’a visitée 83 fois, Kim Jong Il 24 fois et Kim Jong Un deux fois.

Il pleut, nous devons donc choisir entre aller voir le monument des leaders ou bien une serre et l’amphithéâtre construit pour les gens du coin (une ferme collaborative regroupe une quinzaine de villages).

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Je choisis la deuxième option, en espérant voir des gens plutôt que des statues, mais la serre et l’amphithéâtre sont vides.

Nous avons donc roulé pendant 40 minutes pour voir une serre déserte. C’est parfois un peu absurde un voyage en Corée du nord.

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Alors que nous partageons son parapluie, Mlle Pang me souhaite mon anniversaire, de manière informelle cette fois. À l’orphelinat, j’ai eu le droit à une embrassade de M. Pak. Ces deux guides sont vraiment supers et sont unes des raisons pour lesquelles ce voyage est si réussi. Ca va être dur de les quitter.

Réflexion du jour : c’est sans doute la dernière fois de ma vie que je passerai mon anniversaire sans Internet ou téléphone. Ces occasions deviennent de plus en plus rares, à mesure que les territoires les plus reculé de la Terre se couvrent d’antennes relais. C’est aussi sûrement la dernière fois que je passerai 10 jours sans lien avec le monde extérieur… Honnêtement : ça ne me manque pas. Eh non, je ne suis pas en permanence accroché à mon téléphone.

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Malgré la pluie, nous pique-niquons dans un joli parc, sous une galerie de bois. Le barbecue est excellent ! Les trois dames qui avaient préparé le repas viennent nous chanter quelques chansons à la fin du déjeuner, dont un « joyeux anniversaire », et m’invitent à venir danser avec elles. Ça, c’est un chouette repas d’anniversaire !

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Ensuite, nous nous rendons au stand de tir ! Je ne sais pas si je dois surtout remercier M. Pak ou Rowan de nous avoir rajouté ça au planning, mais ça me fait super plaisir. Dommage que mon carnet de tir soit resté en France, j’aurais pu le faire tamponner (pas sûr que la préfecture aurait accepté ça par contre) !

Celui-ci a une particularité : il est possible de tirer sur des poulets et des faisans, qui seront ensuite cuisinés dans un restaurant à côté. Je ne vois pas trop l’intérêt de tuer des animaux pour le plaisir, je vais donc faire comme à Paris et trouer du carton.

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Le centre de tir se trouve au cœur du quartier sportif, où on trouve un stade énorme pour chaque sport (badminton, lutte, natation, volleyball…). On peut y pratiquer du tir à l’arme de poing, d’épaule, à l’arc, en jeu vidéo, etc.

Je commence par mon arme de prédilection : le pistolet. Légère déception, ils n’ont que du 22LR (à un prix exorbitant en plus, presque dix fois plus cher que ce que je paye en France). Les installations sont par contre ce qui se fait de mieux en la matière.

Je commence par tester un pistolet de fabrication nord-coréenne, offert au centre par Kim Jong Un et fièrement exposé à l’entrée.

C’est une merde totale. Impossible de faire un score correct avec et il s’enraye toutes les deux ou trois cartouches.

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Le reste de l’arsenal est composé de pistolets « made in USSR ». Là par contre, c’est du costaud et de la qualité, et j’obtiens une très bonne moyenne, ainsi que les félicitations des responsables du stand et de M. Pak. Le même M. Pak qui enchaînera ensuite 15 cartouches dans le 10. Carton parfait, je n’avais jamais vu ça. Quatre ans de service militaire, ça marque.

Par contre, Mlle Pang (en bas à gauche) tire très mal.

Par contre, Mlle Pang (en bas à gauche) tire très mal.

Je m’essaye ensuite pour la premier fois au tir à l’arc et découvre à quel point ce sport est difficile. C’est un lamentable échec.

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Puis enfin la carabine, que je ne pratique jamais. Je m’en sors avec tout juste la moyenne (5/10) à 50 mètres.

Notre après-midi détente continue au bowling de Pyongyang, très fréquenté par les jeunes Coréens.

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Nous allons ensuite boire une bière (la mienne est au riz) dans une micro-brasserie où l’ambiance n’est pas folichonne avant de rejoindre le bien-nommé Pizza Restaurant.

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Il s’agit d’une joint-venture entre la RPDC et une société italienne. Kim Jong Un, qui devait avoir une grosse faim ce jour-là, a autorisé des cuisiniers coréens à aller se former en Italie pour pouvoir proposer « les meilleures pizzas du monde ».

Honnêtement, le résultat est très bon, même si la carte est évidemment limitée par l’embargo que subi le pays (et qui s’applique au parmesan). J’aurais voulu une quatre fromages, j’ai eu une napolitaine.

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À la fin du repas, la patronne du restaurant arrivé avec un bouquet de fleurs et un gros gâteau, et tout le monde se met à chanter Happy Birthday. Encore une fois, c’est une excellente surprise et une grande émotion ; je me retiens de verser une petite larme après tant d’attention.

« J’espère que tu n’oublieras pas cet anniversaire », me glisse Mlle Kim, la guide offensée par mon t-shirt du premier jour (on s’est réconcilié depuis, au karaoké). Non, je ne risque pas de l’oublier ! Déjà qu’un anniversaire en Corée du nord, c’est pas banal, mais quand en plus on est gâté, c’est exceptionnel !


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Tout le monde est exténué, on rentre donc ensuite à l’hôtel pour boire un dernier verre avant de se coucher.

J’en profite pour demander à Mlle Pang ce que les Coréens pensent de la France. « On ne sait pas grand chose du monde extérieur, mais je sais que la France et l’Italie sont de très beaux pays », m’a-t-elle répondu. La télévision leur parle des événements majeurs qui se passent dans le monde (le crash de la Malaysia Airlines, la situation à Gaza ou en Ukraine), ainsi que des nouvelles de Chine et du Japon, puisque ce sont les voisins, mais c’est tout.

Mlle Pang, Rowan, M. Pak, merci mille fois :)

Mlle Pang, Rowan, M. Pak, merci mille fois 🙂

Lire la suite : Jour 7 : Musée du trésor nord-coréen, ville de Pyongsong et bar à Pyongyang

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