Merveilles biélorusses : les châteaux de Mir et de Niasvij

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Classés au patrimoine mondial de l’Unesco, les châteaux de Mir et Niasvij sont deux exemples remarquables de l’architecture biélorusse du 16e siècle.

La Biélorussie est surnommée le « pays des patates », mais aussi le « pays des châteaux », ce qui est un peu plus prestigieux. Dans l’optique de se protéger des croisés, des Tatars et des Moscovites, ses habitants en ont construit beaucoup à partir du 14e siècle. Certains sont particulièrement prestigieux, comme celui de Grodno (il va falloir que je revienne en Biélorussie pour aller le voir) ou celui de Lida (qui ressemble un peu à la forteresse de Bender, que j’ai visitée en Transnistrie).

Deux de ces châteaux d’entre eux sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité : celui de Mir et celui de Nesvij. De ce fait, et puisqu’ils sont proches l’un de l’autre, des excursions à la journée sont organisées depuis Minsk pour les visiter. En route !

█ Le château de Mir

À environ une heure de route de Minsk, la petite ville de Mir – 2000 habitants, une église orthodoxe du 15e siècle sur la place du marché et une église catholique de la fin du 16e un peu plus loin – est l’une des principales destinations touristiques du pays grâce à son célèbre château.

Ce village est mentionné dans les chroniques de croisés dès 1395, mais c’est en 1522 qu’à débute la construction de l’édifice, sous l’impulsion d’un aristocrate de l’époque, Yuri Illinič. Il a ensuite changé de mains a de nombreuses reprises, mais je vais pas vous en faire le résumé car d’une part j’ai pas retenu tous les noms, et d’autre part je doute que ça vous intéresse follement. En gros, le château a appartenu à la famille des Radzivills (une des plus importantes du pays) du 16e au 19e siècle, mais s’est fortement dégradé pendant tout ce temps, en particulier pendant la bataille de Mir, en 1812, la première victoire russe pendant les guerres napoléoniennes.

À la fin du 19e, il n’en restait quasiment que des ruines. Pendant la seconde guerre mondiale, il a servi de ghetto pour les juifs de Mir, puis après la guerre a été habité par des locaux, avant d’être récupéré par l’Etat et rénové à partir des années 1980.

Le château a été construit au début comme une véritable forteresse de 75 mètres de côté, de style gothique biélorusse, mais a pris une tournure renaissance sur la fin de sa construction, lorsqu’une partie résidentielle a été ajoutée à la forteresse. Son aspect bigarré témoigne de son histoire mouvementée : si les cinq tours sont différentes, c’est qu’elles ont été détruites et reconstruites lors de guerres différentes.

La visite de l’intérieur est très complète, avec des focus sur la grande Histoire en plus de celle du château, mais une grande partie des objets présentés sont des copies : les originaux ont été embarqués soit par les Polonais (le château était en Pologne de 1921 à 1939), soit par les Russes. Vous les trouverez donc au musée national de Varsovie ou à celui de l’Hermitage, à Saint-Petersbourg.

À noter que le château comprend aussi un hôtel et un très bon restaurant, où nous avons déjeuné.

█ La ville et le château de Nesvij

À 25 kilomètres de Mir, Nesvij a aussi été inscrite par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité.
Avant de présenter la visite, je dois vous parler de Nicolas Christophe Radziwiłł dit L’orphelin (2 août 1549–28 février 1616), 2e ordynat de Niasvij, maréchal de la cour de Lituanie (1569), grand maréchal de Lituanie (1579), castellan de Trakai, voïvode de Trakai et de Vilnius.

Ce noble, grand voyageur (il a visité la Palestine, la Crête, l’Italie, la Grèce, l’Egypte, la Syrie et Chypre, ce qui pour l’époque n’était pas une mince affaire) et grand mécène, nous a laissé le château de Mir (dont il a achevé la construction après l’avoir reçu de Yuri Iliniç), mais aussi le château de Nesvizh et la chapelle de la ville.

Car contrairement à Mir, Nesvij, 15.000 habitants, est un ensemble architectural, pas juste un château.

Son Hôtel de Ville, qui date du 16e siècle, est l’un des bâtiments les plus vieux du pays. Il fut construit entre 1586 et 1596, quand la ville obtint le droit de ville de Magdebourg (une forme de droit urbain qui garantissait aux citoyens leur liberté personnelle, leur droit de propriété, leur intégrité physique et leurs vies et réglait l’activité économique). Il fut restauré de 1997 à 2004. Voyez les fenêtres du bâtiment sur le côté : chacune correspondait à un magasin.

Non loin se trouve la porte de Sluck, qui était l’une des entrées de la ville. L’édifice actuel date de 1760. Plus impressionnante est l’église du Corpus Christi, construite en 1587-1593 à la demande de L’Orphelin. C’est le premier édifice baroque de la région et l’une des plus anciennes églises du pays : elle est très fortement inspirée de l’église du Gesú à Rome. C’est aussi la nécropole de la famille Radziwiłł et possiblement le seul exemple d’une nécropole familiale de ce rang en Europe de l’Est.

L’intérieur, entièrement peint et utilisant le trompe-l’œil, est très réussi.

Le plus important monument de la ville, bien sûr, est le château. Sa construction a débutée en 1583. Bien qu’il soit entouré de douves et de bastions, il ne s’agit pas d’une forteresse, mais d’un palais de résidence et de représentation. Comme le château de Mir, il a subi beaucoup d’altérations entre le 16e et le 19e siècle et combine des éléments architecturaux médiévaux avec d’autres de la Renaissance, du Baroque et du Classicisme. Passé sous contrôle de l’Etat en 1939, il a été superbement restauré et a rouvert au public en 2012.

La visite est plus longue que celle de Mir, avec une quinzaine de salles présentant des objets historiques (la famille Radziwiłł comptait des amateurs d’art), mais aussi du mobilier des différentes époques lors desquelles le palais a été habité.

Autour du palais, la princesse Maria de Castellane a fait construire un grand parc en 1903. La promenade est sans doute plus agréable au printemps et en été qu’en ce 1er novembre, mais nous y sommes passé afin de jeter un œil à l’allée des portraits, décorée de bustes de personnalités de la région (dont, évidemment, Radziwiłł L’Orphelin).
Cette promenade terminée, il ne reste plus qu’à Serguei, notre chauffeur, de nous reconduire vers Minsk.

Excursion effectuée avec l’organisme Viapol. Elle a été réservée par l’agence White Wings qui n’avait pas assez de personnes pour organiser une excursion (il faut 3 personnes minimum) et m’a donc réservé une place avec Viapol. Prix : 105 byn (45 euros environ, billets d’entrée et déjeuner inclus). Normalement c’est 120 byn, mais vu qu’on est en novembre, ils m’ont fait une ristourne.

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