Les plus belles stations du métro de Moscou

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Rapide, propre, étendu, connecté, le métro de Moscou est l’un des meilleurs au monde. Il est aussi, sans conteste, le plus beau.

Deuxième plus important réseau souterrain au monde, après le métro de Tokyo, le « Métropolitain de Moscou V. I. Lénine de L’Ordre de Lénine et de L’Ordre du Drapeau rouge » (que l’on appellera « métro de Moscou » par commodité) s’étend sur plus de 300 kilomètres et s’arrête dans près de 200 stations.

Dès l’ouverture des 13 premières stations, en 1935, entre Sokolniki et Parc Kultury, le métro a eu deux buts : transporter des passagers, mais aussi montrer au monde de quoi le régime soviétique était capable. Et dans ce domaine, c’était du meilleur.

Sous l’impulsion de Staline, les ingénieurs et architectes ont eu à cœur de construire des « palais du peuple » exaltant le patriotisme à grands renforts de fresques ou de statues, tout en symbolisant le concept de « svetloe budushchee », le « futur radieux » promis par le bolchévisme.

Après les deux premières lignes construites avant la seconde guerre mondiale – dont la démolition était prévue en cas d’arrivée des Allemands dans la ville – le réseau s’est étendu à une douzaine de lignes, construite à une profondeur record. Comme le métro de Pyongyang, les souterrains devaient pouvoir servir d’abri en cas d’attaque nucléaire. Selon la rumeur, il existerait un second métro, encore plus profond, construit secrètement pour relier et permettre l’évacuation de sites sensibles comme le Kremlin, le FSB (anciennement KGB), le ministère de la Défense, etc. Ce réseau n’a jamais été confirmé officiellement, mais il est possible de repérer quelques entrées… A condition de savoir où chercher (j’ai pu voir une de ces entrées, grâce à un connaisseur). D’après plusieurs officiels, il est abandonné et inutilisable.

Aujourd’hui, mieux vaut éviter de comparer le métro parisien et celui de Moscou. Ce dernier est parfaitement propre (ce qui est valable pour Moscou dans son ensemble d’ailleurs, mais la mairie de Paris ne voyant pas de problème à ce que la ville soit une poubelle, on va éviter de tirer sur l’ambulance), il est efficient, régulier (35 secondes entre deux métros en heure de pointe), couvert par les réseaux cellulaires, équipé d’un wifi gratuit (je répète en gros si la RATP me lit : ÉQUIPÉ D’UN WIFI GRATUIT ! Oui, c’est possible, cette technologie existe, et c’est même pas un secret militaire soviétique, alors on pourrait faire pareil en France si on voulait !), et dispose d’une tarification logique.

Et en plus, il est beau comme un camion. Voici une sélection de mes coups de cœur. A part LE WIFI GRATUIT.

Ploschad Revolyutsii

Située à deux pas du Kremlin, la station Place de la révolution se devait d’être parmi les plus belles. Ouverte en 1938, elle comporte la bagatelle de 76 statues en bronze de « défenseurs de la nation » : une foule de soldats, d’ouvriers de paysans. Ou allez-vous camarades, avec vos fusils chargés ? Nous tendrons des embuscades, vient rejoindre notre armée.

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Mayakovskaya

Une merveille du design soviétique, incarnation du « svet » (la brillance/beauté), cette station est considérée par beaucoup comme la plus grande réussite du métro. Devant des murs de marbre gris, des flanquées de piliers en métal poli et rhodanienne rose soutienne 34 mosaïques représentant l’idéal socialiste.

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Kiyevskaya

La construction de cette station a été supervisée par Nikita Khrouchtchev. D’origine ukrainienne, il s’est assuré qu’elle reflète la vie et les coutumes de son pays, ainsi que la contribution de ses soldats à la Révolution d’octobre. Avec ses nombreuses fresques, mosaïques et chandeliers, c’est presque un musée – et l’une de mes stations préférées.

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Dostoyevskaya

La Russie ne se résume pas qu’aux soviets, et les architectes actuels le savent. Des dizaines de nouvelles stations voient le jour et, parmi elles, Dostoyevskaya est l’une des plus belles. Ouverte en 2010, elle offre une ambiance chic et moderne avec ses carreaux de marbre gris et ses fresques reprenant des scènes d’œuvre majeures de Dostoïevski, comme Crime et châtiment et L’Idiot. Lors de son inauguration, des voix se sont élevées pour se plaindre de la noirceur des fresques, dont l’une dépeint un meurtre. « Vous vouliez quoi ? Des scènes de danse ? Il n’y en a pas chez Dostoïevski », a répondu l’architecte.

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Prospekt Mira

Située à deux pas des jardins botaniques de Moscou, Prospekt Mira s’est parée de céramiques aux thèmes floraux, sur de larges piliers de style impérial russe. Une réussite.

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Novoslobodskaya

Ni céramiques ni bronzes dans cette station qui fait la part belle aux vitraux, dans une ambiance de conte de fée.

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Belorusskaya

Comme Kiyevskaya était dédiée à l’Ukraine, Belorusskaya est à la gloire du Bélarus, avec des mosaïques sur ses habitants et des centaines de carreaux de céramique ornés de gerbes de blé. Et un buste de Lénine, parce qu’il en faut bien.

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Park Pobedy

Très sobre mais dotée d’élégants piliers incurvés, la station du parc de la Victoire comprend deux fresques : l’une en souvenir de la victoire sur la Grande Armée de Napoléon, en 1812, et l’autre (cachée derrière un échafaudage lors de mon passage) en commémoration de la victoire de 1945.

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Et les autres…

Rares sont les stations qui ne vous réserveront pas une surprise. Des bas-reliefs de Krasnopresnenskaya aux danseurs en céramique de Teatralnaya, des mosaïques d’ouvriers d’Avtozavodskaya aux symboles soviétiques de Paveletskaya. Alors, même si la présence du wifi dans le métro est appréciable, n’oubliez pas de lever les yeux de votre téléphone !

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